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Elizabeth P.

Je vous aimais, terriblement
26 mai 2017

L’auteur a quatre ans lorsque sa mère, âgée de 29 ans, se suicide, laissant comme seul mot « Dites aux enfants que je les aimais terriblement »
Jusqu’à l’âge de seize ans, il avait cru qu’elle était morte d’une crise cardiaque. Beaucoup de non-dits dans cette famille.
Ce n’est qu’à l’âge de quarante ans, alors que son frère vient de mourir qu’il se penche sur la vie de sa mère.
Commence alors une quête incessante de plus de dix ans. Il rencontre toutes les personnes qui ont pu la connaître, lis tous les journaux intimes et toutes les lettres qu’il peut trouver chez les uns ou les autres, essaye de questionner son père, peu bavard sur le sujet, regroupe toutes les photos.
Au fil de ses découvertes se dessine le portrait de celle dont il ne se souvient plus.
Une femme belle, résolument moderne dans les années soixante, brillante, exaltée, rayonnante, indépendante.
Préoccupée de la place des femmes dans la société, elle a écrit un livre, « La femme captive ».

C’est écrit comme une enquête, et c’est une véritable enquête qu’il a menée avec obstination durant toutes ces années, cherchant sa place dans ce drame inexpliqué.
Malgré le côté méthodique et parfois répétitif, beaucoup d’émotion se dégage de cet écrit.
Ce n’était pas évident de présenter cela sous cet aspect presque froid, mais le pari est réussi.
Jeremy Gavron a su transmettre le drame que constitue le suicide d’un parent, les questionnements que cela pose tout au long d’une vie amputée.
De plus, il rend un magnifique hommage à cette mère trop tôt disparue.

Le monde depuis ma chaise
17 mai 2017

« Tu seras menuisier ou tu ne seras rien » dit son père à Galo, 5 ans
« Il ne quittera pas la maison » dit la mère au père lorsque celui-ci veut l’emmener en quittant le domicile conjugal.
Alors Galo sera « rien » puisque son père n’a pas eu le temps de lui apprendre le métier.
Alors Galo ne quittera pas la maison, située dans la calle Amsterdam, une rue circulaire de México.
Et il passera sa vie dans cette maison, souvent assis sur cette chaise.
L’histoire peut paraître étrange, mais elle est très belle.
Au gré des locataires qui passent dans cette maison, Galo aura un aperçu du monde, des révolutions, des guerres, des hommes.
Que de douceur et de magnanimité entoure cet enfant, puis cet homme, à travers l’écriture de Sergio Schmucler.
On a les couleurs du Mexique, les drames des réfugiés, l’obéissance et les questionnements de l’enfance, le destin étrange d’un homme peu commun.
Il a beaucoup de talent Sergio Schmucler et je le remercie de cet univers étrange de Galo aux couleurs mexicaines et au son des chansons de Carlos Gardel.

Le coeur à l'aiguille
10,00
16 mai 2017

Deux personnages principaux dans ce court roman.
Leïla, issue d’une famille de réfugiés afghans.
Dan, son amour absent, parti dans un pays lointain torride d’où il lui écrit des lettres.
Elle coud ces lettres, soir après soir, pour faire sa robe de mariée.
Beaucoup de tact et de douceur pour écrire cette histoire.
On apprend tout par bribes, par réminiscences.
On suit la passion qui les unit
On découvre le milieu des réfugiés afghans.
Elle est douce et brisée Leïla.
Pourquoi est-elle brisée ?
J’ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers étrange et solitaire tout en subtilité.

Fête des pères

Olear, Greg

Le Cherche Midi

19,50
21 mars 2017

400 pages pour raconter une journée de Josh et on ne s’ennuie pas une seconde.
Sa femme étant partie pour quelques jours, il assume, en plus de son métier de scénariste, le rôle de PAF (Père Au Foyer).
Et cette journée n’est pas de tout repos entre Roland, 5 ans , diagnostiqué autiste Asperger et Maude, 3 ans, véritable petit tyran despotique. Sans compter les révélations d’une « amie » qui sous-entend que sa femme le trompe. Il n’est pas loin du burn-out.
L’écriture et le style sont résolument contemporains, les dialogues nombreux.
Avec beaucoup d’humour, crûment parfois, Greg Olear aborde une multitude de sujets :
Le couple et la fidélité, les choix de vie, le rôle des parents, l’autisme, la musique, le cinéma, internet, la société américaine……..
Après quelques craintes au début, on se laisse embarquer dans cette folle journée, on rit, on redevient sérieux, on compatit.
C’est une lecture sympathique et délassante malgré la gravité de certains points de vue.

Être à distance
19 mars 2017

Un de ces livres qu’on doit interrompre avec regret et qu’on reprend avec plaisir.
Au Chili, Vera, femme de lettre octogénaire est dans le coma après une chute dans l’escalier.
Trois personnages racontent leur relation à Vera et leur propre histoire :
Daniel, son voisin et ami.
Emilia, une jeune française qui écrit une thèse sur elle.
Horacio Infante, célèbre poète, son ami.
Trois histoires qui s’entremêlent pour aboutir à une fin très inattendue
L’auteur s’est inspirée de la vie de l’écrivaine Clarice Lispector pour inventer cette belle fiction. C’est un roman d’une grande cohérence écrit avec fluidité, élégance et sensibilité. Les émotions sont superbement transcrites et intensément perçues.
On en redemande ! Le prix Alfaguara décerné à Clara Guelfenbein est amplement mérité.