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Elizabeth P.

Radieuse, Une croisière en Adriatique

Une croisière en Adriatique

La Différence

27 juillet 2016

croisière

L’auteur ayant gagné une croisière, la voilà qui embarque avec son mari. Un peu déçue, elle rêvait de la Baltique, les voilà partis pour l’Adriatique.
Elle est un peu ronchon et critique au début, il faut bien le dire.
Mais au fil des escales, des gens la séduisent, des paysages la fascinent, des lieux lui parlent.
Elle nous offre un voyage culturel et sociologique au gré de ses humeurs.
Elle observe les touristes du bateau, les habitants des lieux visités.
Eglises et monastères, nombreux en Adriatique sont minutieusement détaillés, faisant apparaître les sentiments qu’ils évoquent chez Claire Fourier.
Sensations et pensées contradictoires la font passer de l’admiration béate et sereine à la tristesse la plus profonde.
Plus le livre avance et plus on s’invite au voyage. Beaucoup d’informations historiques, picturales nous font partager ses découvertes.
L’humour est bien présent, l’autodérision aussi. Leur couple est très complémentaire et très sympathique.

Egarements

Egarements

Söderberg, Hjalmar

Viviane Hamy

8,50
17 juin 2016

Egarement

Un roman qui nous offre une découverte précise de la ville de Stockholm.
Thomas Weber l’arpente de long en large. Il vient d’obtenir sa licence de médecine.
Un peu oisif, disposant d’une somme d’argent, il vit de sorties, de rencontres, et s’en grise. Mais au fil du temps, l’argent diminue, les sentiments pour ses conquêtes aussi, et il se retrouve bien vite désorienté.
Un esprit plutôt mélancolique plane sur cette histoire, sur cette difficulté à entrer dans l’âge adulte.
Que de chemin parcouru dans les esprits depuis 1895, date de parution d’Egarements.
Il provoqua un scandale, on le taxa même de pornographique.
Qu’en est-il ? Un texte très classique, doux, pudique.
Nos ancêtres scandinaves doivent se retourner dans leur tombe s’ils ont vent de la littérature actuelle. A part quelques licences avec la morale de l’époque, au niveau des sentiments, , je ne vois pas ce qui a pu provoquer une telle réprobation.

L'odyssée de Rosario
13 juin 2016

L'odyssée de Rosario

Un peintre parisien achète une masure en Sicile, dans une aride vallée. Il la retape avec l’aide de deux ouvriers locaux.
Chaque jour, un voisin passe près de chez lui, fusil en bandoulière et flanqué de ses deux chiens. C’est Rosario R., un paysan.
Un jour, il s’arrête et lui annonce que sa première intention avait été de l’abattre avec son « fucile ». Mais, contre toute attente, un autre matin il s’arrête encore et, pendant quatre heures, lui raconte ce qu’il n’a jamais raconté à personne : comment, pendant la guerre, il a déserté d’une caserne de Grèce, et a mis deux ans à rentrer chez lui à pied.
Par la magie d’une écriture intelligente et précise, le lecteur est entraîné aux côtés de Rosario, dans son incroyable odyssée.
Les expressions italiennes mêlées au texte sont un régal.
Les rapports entre le français et Rosario, d’abord méfiants se transforment en confiance et en amitié. Mais sans qu’un mot de trop ne soit dit. Tout en pudeur et en respect.
C’est un très beau texte, original, tendre et puissant.
C’est un hommage à l’endurance et à la patience, et c’est aussi un très bel hommage à la Sicile et aux siciliens.

Au nom d'Alexandre
4 juin 2016

au nom d'alexandre

Sur la demande d’un éditeur, une journaliste est au chevet d’Alexandre, bientôt en soins palliatifs, pour écrire ses mémoires.
Son métier était en effet intrigant : il était créateur de noms.
Une très bonne idée de roman, avec des personnages intéressants.
Les deux grands-pères par exemple. L’un était féru de Scrabble et l’autre cruciverbiste acharné. L’un « bouge les lettres », l’autre « bouge les mots ».
Elevé par eux, Alexandre ne pouvait qu’aimer les mots, se passionner pour eux.
Mais malheureusement, il manque une dimension, une puissance à l’écriture. On a tendance à s’ennuyer. Les mots inventés ne sont pas extraordinaires. L’histoire s’essouffle, ce n’est pas assez développé. C’est dommage, parce qu’il y avait matière à faire un excellent livre. Là, ça se lit sans déplaisir, mais sans passion non plus.

UN MONDE SANS FAILLE
31 mai 2016

un monde sans faille

Ce texte est écrit sous forme d’une lettre adressée à monsieur Alzheryan.
Or ce monsieur est mort depuis bien des années. Elle n’est donc qu’un prétexte à raconter l’enfance et l’adolescence du narrateur.
Membre d’une famille juive, sa mère est décédée et son père est un avocat influent.
En cette période d’entre deux guerres, il est spectateur de l’opulence des amis et clients de son père. Il se souvient dans le détail de leur apparence, de leurs habitudes, des ses impressions de jeunesse.
Mais le vent tourne, les lois raciales font leur apparition, et les relations se transforment.
Le style est un peu désuet, l’écriture est belle, l’atmosphère de l’époque est très réaliste.
Le livre est court, cent vingt-deux pages. Il résonne comme un témoignage d’une déchéance sociale imprévisible et inéluctable.
Mais j’ai ressenti une petite pointe d’ennui à la lecture.