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Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Anthony Passeron

Globe

20,00
29 septembre 2022

drogue, famille

Un rappel des faits ? Un roman ? Difficile à dire, mais ce n’est pas cela qui importe.

Un livre très bien écrit que l’on ne lâche pas, sur le SIDA.

Les chapitres alternent entre ceux rappelant les faits nationaux et internationaux concernant la découverte de la maladie, et ceux concernant la famille de l’auteur et plus particulièrement son oncle Désiré.

J’ai eu de la peine pour Désiré, enfant aîné chéri destiné à reprendre la boucherie familiale, premier à avoir son baccalauréat mais préférant chevaucher le dragon de l’héroïne.

Elle m’a agacée, la grand-mère du narrateur qui ne se rend compte de rien et nie jusqu’au bout la réalité, et, quelque part, son échec.

J’ai été passionnée par le rappel des recherches colossales entreprises pour tenter de soigner une population que personne ne prenait en compte.

Des chercheurs empathiques dont les patients avaient souvent le même âge qu’eux.

Des chercheurs qui travaillaient en équipe sur tout le territoire (sans Internet à l’époque) et qui étaient issus de plusieurs disciplines médicales.

J’ai aimé le prologue qui explique que ce livre pour sa famille est écrit pour leur montrer que la vie de Désiré s’était inscrite dans le chaos du monde, un chaos de faits historiques, géographiques et sociaux. Et les aider à se défaire de la peine, à sortir de la solitude dans laquelle le chagrin et la honte les avaient plongés.

Une lecture qui m’a parlé et dont j’ai aimé le regard et l’analyse sur les faits internationaux et les faits familiaux.

Une citation :

Le péché intime d’avoir voulu vivre une sexualité libre, eu des relations homosexuelles, de s’être injecté de l’héroïne en intraveineuse (…), d’avoir voulu satisfaire son désir d’enfants quand on se savait pourtant condamnée. Des malades étaient plus coupables que d’autres. (p.181)

L’image que je retiendrai :

Celle de Désiré et de sa femme Brigitte, au loin sur les photos de famille, maigres et édentés, mais pourtant toujours présents.

Les Éditions Noir sur Blanc

16,00
29 septembre 2022

famille

Isabelle est documentariste sous-marine et vit à Paris. Mais son frère Olivier l’appelle un jour car leur père commence à perdre la mémoire.

Mais Isabelle ne veut pas retourner auprès de ce père taiseux et parfois violent.

Les deux adultes n’ont pas le même rapport à leur père : Isabelle a coupé les ponts, Olivier n’a jamais rompu le lien.

Mais le père avait des lui aussi des rapports différents avec ses deux enfants.

Et au fur et à mesure de ma lecture, j’ai commencé à me dire que cette histoire, je l’avais déjà lu plusieurs fois.

Il m’a fallu attendre la dernière partie pour découvrir le traumatisme du père.

Ceci dit, j’ai fini ce livre en ayant post-ité pleins de passages parlants.

Quelques citations :

… nous le savons tous les deux que ça ne veut rien dire, faire son deuil, que c’est une expression pour les magazines, on continue à marcher avec nos morts sur les épaules, avec nos ombres, et rien d’autre. (p.39)

J’aurais voulu me dissoudre sur les carreaux, devenir goutte d’eau et disparaître, emportés loin de tout ce qui blesse. (p.60)

Et toi, mon père (…) tu es retourné à tes ombres. Elles avaient de nouveau repris le pouvoir. (p.67)

J’avais mal, de longues vagues de douleur montante, puis un répit et l’attente de la suivante. (p.83)

L’image que je retiendrai :

Celle du portillon de la maison du père qui émet un son grêle.

29 septembre 2022

Un roman daté

N'est pas Dostoïevski ni Céline qui veut.
Le style est malheureusement daté.
Le personnage de Cripure n'a pas attiré ma sympathie, ni les autres personnages non plus.
Aucune ambiance ne se dégage de ces centaines de pages, juste le malheur encore et encore.

23,00
21 septembre 2022

Marcel Proust

Le Proust est ductile et englobant comme la mer. Lire A la recherche du temps perdu, c’est traverser l’Océan. Et c’est très facile, il suffit d’adapter sa respiration.

J’ai lu La Recherche il y a quelques années en j’en avais aimé ses leitmotivs floraux. Mais je n’avais pas perçu le thème de l’océan.

Charles DANTZIG propose une grille de lecture sur le thème de l’océan, ma foi fort riche : 336 pages.

Bien sûr, il y a de longues citations de la Recherche, mais aussi des extraits plus courts.

J’ai aimé les intitulés de certains chapitres : quelques grands poissons et du fretin – Un pays moustachu.

J’ai aimé les révélations sur de nouveaux sujets (je ne vous dirai pas lesquels) et les absences également.

Une lecture exigeante mais qui m’a fait voir ce Chef d’Oeuvre de la Littérature Française avec un oeil différent.

Quelques citations :

… ce qu’il (le narrateur) avait imaginé était, en partie, exact, et que ce qu’il a découvert ne lui avait été caché que parce qu’il n’avait considérés ces inconnus que sur un plan, celui de la Perfection. L’autrui est plat.

A la recherche du temps perdu est en grande partie le roman des déchéances.

L’unicité du moi est une idée qui nous vient de la prison du corps.

A la recherche du temps perdu est le meilleur des romans de vampire.

Le Narrateur est une bouche ouverte, qui du fond de son Océan tente d’aspirer toute l’affection humaine.

Et tout cela vient de ce que cet être du sexe masculin cherche une chose que ses semblables n’osent pas demander, qu’on ne leur apporte pas, supposément honteuse pour eux, la tendresse.

24,00
21 septembre 2022

Japon, thriller

Seiji Hasumiest LE prof d’anglais idéal : impliqué auprès des élèves, sachant les motiver, proche de la direction sans en faire trop, utilisant des méthodes pédagogiques innovantes. Il anime également un atelier de conversation anglaise.

Dès les premières pages, on se prend d’affection pour ce prof adoré de ses élèves.

De tous, sauf d’un petit groupe qui émet des doutes sur sa personne.

Et petit à petit, au fil des pages, on découvre un homme au passé sombre qui cache une personnalité loin d’être lisse.

J’ai aimé découvrir jusqu’où pouvait aller Seiji Hasumi. Et il va loin, très loin.

J’ai aimé la seconde partie en huis-clos dans le lycée, un soir de préparation de fête.

J’ai aimé suivre les différentes réactions des lycéens face au drame.

J’ai aimé que le prof utilise des expressions anglaises dans certaines situations, citations qui sont traduites.

C’est le premier roman de cet auteur japonais ayant reçu de nombreux prix au Japon traduit en français. Et j’espère bien que ses romans précédents et suivants le seront bientôt.

L’image que je retiendrai :

Celle de La complainte de Mackie que chante Seiji Hasumi régulièrement.