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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Va, vis, guéris
5 septembre 2019

maladie

Ce livre soulève des questions fondamentales sur les pratiques de la médecine contemporaine côté patients ; il souligne le combat à mener pour conserver une image positive de soi face aux soignants.

J’ai donc suivi Julia dans sa longue quête pour mettre fin à son calvaire.

C’est parfois redondant : elle revient souvent sur tous ses symptômes et ses maladies non diagnostiquées dans l’enfance et l’adolescence.

Parfois drôle aussi, lorsque sa petite voix lui crie de se tirer de là vite fait.

Même si je ne suis pas d’accord avec sa conclusion (la méditation et le TCC fonctionne pour moi, bon an mal an), j’ai trouvé très juste ses conclusions sur la médecine contemporaine occidentale : on saucissonne le corps au lieu de considérer dans son ensemble ; les femmes sont moins bien soignées que les hommes car elles sont forcément hystériques (syndrome de Yentl) ; l’empathie est absente alors qu’elle constitue une bonne part du traitement.

Un essai et un témoignage qui remet les pendules à l’heure en plaçant le patient qui souffre au centre du protocole de soin.

Quelques citations :

Le médecin déclare que la blessure sera guérie dans un délai de six à douze semaines. Durant toute cette période, le cerveau réclame constamment des rapports sur les progrès accomplis et finira par lâcher prise et certifier le pied guéri.

Plus ça dure, plus le système nerveux est conditionné pour penser qu’il s’agit là d’un état normal. (…) Si on ne remet pas rapidement le système nerveux dans le droit chemin, les routes d’origine ne tarderont pas à se retrouver enfouies sous la végétation.

Un être humain est connecté directement sur l’inquiétude – nous pouvons remercier notre cerveau limbique pour ça.

Mais étais-ce donc une caractéristique hautement féminine de se sentir coupable chaque fois qu’un traitement échouait ?

Ça comptait bien plus que je n’aurai pu l’imaginer. Dès le moment où quelqu’un comprenait les épreuves que je traversais, plus rien n’empêchais de les dépasser.

Le toucher, parce que même le fait de caresser un bout de cristal lisse (…) suffit à distraire et apaiser le cerveau.

Dites à votre cerveau que c’est inutile, que c’est excessif. Distrayez-le en stimulant les voies du plaisir – en tout cas, agissez. Si vous réussissez à tenir bon, à faire taire la douleur, la plasticité neurale impose que cette douleur commence à reculer. Elle n’a pas le choix – c’est ainsi que fonctionne le cerveau.

Je suis médecin, ma chère petite, alors je sais.

https://alexmotamots.fr/va-vis-gueris-julia-buckley/

Un monstre et un chaos
5 septembre 2019

Ghetto

Je n’avais encore rien lu de cet auteur, alors quand ma libraire m’a proposée de lire son dernier roman, j’ai accepté.

J’ai été dérouté par le style dès les premières pages : beaucoup de descriptions botaniques érudites.

Puis j’ai été mal à l’aise : le roman se déroule dans le ghetto de Lodz où règne Chaïm Rumkowski, représentant du ghetto.

Pour sauver son peuple, il a transformé le ghetto en vaste atelier industriel au service du Reich.

Mais le personnage principal du roman est Alter, dont le frère jumeau Ariel et la mère sont morts.

Alter se cache, ne porte pas l’étoile jaune. Il a été recueilli un temps par un orphelinat catholique qui l’a rebaptisé Jan-Matheusza.

Il trouve refuge dans un théâtre de marionnettes et fabrique à son tour ses marionnettes qui font rire les rares survivants du ghetto.

C’est une lecture qui m’a mis mal à l’aise car l’auteur semble hésiter entre deux personnages principaux : Chaïm et Alter.

Et puis Alter est insaisissable.

Sans oublier le décor : un ghetto qui se vide, des soldats allemands qui tirent sans somations.

L’image que je retiendrai :

Celle de la blondeur d’Alter / Jan-Matheusza.

https://alexmotamots.fr/un-monstre-et-un-chaos-hubert-haddad/

BACK UP

Manufacture de livres

5 septembre 2019

théorie du complot

Un auteur que je n’avais pas encore lu, à tord. Je profite de la ré-édition bienvenue de La manufacture des livres pour me plonger dans ce roman.

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer.

Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie.

Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

J’ai aimé cette plongée dans l’Europe des années 60-70 où la drogue et le rock n’roll font leur apparition.

J’ai suivi les souvenirs de X Midi, le personnage principal dont on ne connaitra le nom qu’à la fin du roman ; les soins que lui prodigue Dominique et qui finira par percer son mystère.

Ce polar plein de fausses pistes nous révèle une formidable machination orchestrée par la CIA depuis l’Allemagne de l’Ouest.

Une lecture passionnante et addictive.

L’image que je retiendrai :

Celle des petits groupes de rock se produisant dans des petites salles.

https://alexmotamots.fr/back-up-paul-colize/

Ceux qui partent
5 septembre 2019

Immigration

Certains des romans de cette auteure me parlent, d’autres pas.

Celui-ci fait partie de ceux que j’ai aimé.

Les personnages, dont le nombre augmente au fil des pages.

Le lieu : Ellis Island et New-York dans les années 1910.

Le récit qui se déroule sur une journée et une nuit.

J’ai aimé les personnages, tous différents, avec chacun leur passé plus ou moins douloureux, leur caractère impétueux ou doux.

J’ai aimé les lieux : Ellis Island quand l’île triait encore les migrants. Son administration, ses dortoirs, ses surveillants.

J’ai aimé Madison Square, le quartier huppé avec ses grandes maisons, ses familles issues du Mayflower très policées.

Si la nuit m’a paru un peu longue, j’ai préféré l’arrivée du bateau et l’amitié naissante entre Emilia et Esther.

J’ai aimé que le récit englobe peu à peu la vie des personnages autour d’Emilia.

J’ai aimé les couleurs que donne l’auteure aux vies de ses personnages.

J’ai aimé la façon dont l’auteure parle des corps, si important et pourtant si délaissés.

Un très beau roman sur l’immigration qui résonne avec l’actualité.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couleur rouge du tableau d’Emilia.

Une citation :

Les émigrants ne cherchent pas à conquérir des territoires. Ils cherchent à conquérir le plus profond d’eux-mêmes parce qu’il n’y a pas d’autre façon de continuer à vivre lorsqu’on quitte tout. (p.326)

https://alexmotamots.fr/ceux-qui-partent-jeanne-benameur/

JOLIS JOLIS MONSTRES
5 septembre 2019

LGBT

Ce roman offre une plongée dans le New-York de la fin des années 70 jusqu’au début du SIDA. On y côtoie Keith Haring et Madonna, Bowie ou Warhol.

Mais surtout Lady Xtravaganza, la maman de la maison Xtravaganza qui recueil des adolescents homosexuels rejetés par leur famille.

James, alias Lady Prudence, nous raconte son arrivée dans la ville, la naissance de son show et le milieu drag dans lequel elle vit, jusqu’à l’arrivée du SIDA qui décime la communauté.

En alternance avec la vie de James, nous suivons Victor, père de famille comblé, qui se découvre une passion pour la scène drag-queen.

J’ai découvert cet univers si particulier : l’art du voguing et des ballrooms.

Un roman qui aborde en finesse la question du genre, ou les personnages se sentent à la fois homme et femme.

Un roman qui apporte un regard décalé sur le société américaine actuelle ou tout doit être rangé dans des catégories, divisant le mouvement LGBT.

Car la question du genre revient au coeur des débats après l’attentat d’Orlando dans une boîte de nuit pour homosexuels.

Un roman passionnant et extrêmement bien documenté avec des photos en fin d’ouvrage, qui m’a fait découvrir un univers et réfléchir sur l’éternel combat des LGBT.

L’image que je retiendrai :

Celle de ces hommes préparant leur costume de drag-queen devant une machine à coudre pour être la plus resplendissante possible.

https://alexmotamots.fr/jolis-jolis-monstres-julien-dufresne-lamy/