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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Le diable dans la ville blanche
23 janvier 2012

Je ne savois pas à quoi m'attendre en ouvrant ce roman, je n'avais même pas lu la 4e de couverture pour me donner encore plus de suspens. Je n'ai pas été déçue.

Pourtant, cela s'annonçait mal : il était question, dès les premières pages, d'architectes inconnus de moi et de la ville de Chicago (à part les Chicago Bulls et Mickaël Jordan, je ne connaissais rien de cette ville, même pas qu'elle avait des abattoirs géants, je confesse mon ignorance crasse).

Et pourtant je suis entrée dans ce roman à la narration fluide presque immédiatement. Car l'auteur n'est pas pédant ni ne donne de détails inutiles sur l'architecture et la construction de cette "Foire internationale" qui devait rivaliser avec la Tour Eiffel.

Le destin des hommes (et des femmes) qui ont participé à cette aventure nous est connu jusqu'au bout, et ne s'arrête pas seulement à la fin de la Foire, procédé que j'ai apprécié car il a étanché ma curiosité.

Et puis il est question de ce fameux Holmes, au pseudonyme si mal choisit, qui oeuvre presque au grand jour dans une ville où les disparitions sont légions.

Tout ceci est écrit par une main de maître, le récit jamais ne s'essouffle ni ne nous perd en route, et s'offre même le luxe de nous faire cotoyer à la fois les plus grands architectes américains et le premier tueur en série.

Bref, j'ai aimé passer ces heures à Chicago en pleine dépression où les hommes sont capables du pire et du meilleur (ça parait banal de dire cela, mais c'est réellement ce qui s'est passé car l'auteur s'appuie sur des documents d'archives) ; où jamais rien n'est sûr, la Foire ouvrant ses portes sans que tout soit terminé ; où les femmes, qui commencent à s'émanciper, sont bien naïves parfois. La vie, quoi...

Il y aurait encore tant à dire sur les débuts de Frank Lloyd Wright, la haute-bourgeoisie et la classe laborieuse des années 1890, les spectacles de Buffalo Bill qui font salle comble...

Merci M. Larson !

L'image que je retiendrai :

Celle de la Grande Roue, dont le montage n'est pas terminée au moment de l'ouverture officielle de la Foire, et qui menace de s'écrouler à chaque tour. Une vraie prouesse.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/14/22959648.html

Noires blessures, roman
23 janvier 2012

Le roman s'ouvre sur un homme Noir ligoté à une chaise et un homme Blanc qui le frappe.

Puis, nous est raconté l'enfance de Mamad, l'homme noir sur la chaise, qui avait une très bonne mémoire, mais cela n'a pas suffit à lui faire faire des études, ni à tenter la clandestinité en Europe. Il se retrouve donc homme à tout faire chez un blanc.

Ensuite, c'est l'enfance de Laurent, le Blanc, qui nous est conté. Un père mort trop tôt qui lui a appris à aimer le jazz et la boxe et qui, à l'insu de son plein gré, lui a fait aimer l'Afrique.

Mais l'homme Blanc entend des voix dans sa tête, et un jour, il perd les pédales.

Un roman au ton sec, aux situations décrites sans fioritures.

Pourtant, à l'image de l'Afrique, ce roman est envoûtant, avec un petit goût de "reviens-y" car jamais larmoyant sur les malheurs de ce continent.

J'ai appris plein de choses sur l'éducation en Afrique, ainsi que sur les ONG qui oeuvrent là-bas ; l'auteur n'a pas la langue dans sa poche, mais tout cela est si bien coulé dans la narration.

Un roman court mais fort sur une situations Internationale explosive.

L'image que je retiendrai :

Celle de Mamad, tentant de se rendre en Europe et dont le convoi est stoppé net en pleine nuit par une bande de pilleurs qui font un carton sur les passagers.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/12/21898590.html

Le polygame solitaire
23 janvier 2012

J'avais bien aimé "Le Destin miraculeux d'Edgar Mint" du même auteur, l'histoire d'un jeune garçon au destin pour le moins farfelue.

Cette fois-ci, Brady Udall s'attaque à un père, polygame de surcroit, en pleine crise de la quarantaine. Il ne sait plus comment gérer sa famille, ses femmes et ses enfants ni son travail qui l'oblige, lui le prude mormon, à construire une maison de tolérance.

Mais ce qui m'a le plus intéressé dans ce roman, c'est l'histoire en parallèle de son fils n°5 Rusty. Celui-ci, garçon de 11 ans qui se cherche, persuadé que personne ne l'aime, fait les 400 coups pour se faire remarquer, même si, au fond de lui, il reste "le garçon à la fenêtre".

J'ai trouvé que dans ce roman, le conteur donnait sa pleine mesure pour nous faire vivre cette famille hors-norme que j'ai eu du mal à quitter.

J'ai beaucoup rit, aussi, car certaines situations sont pour le moins caustiques (comme lors des visites de Golden au village mexicain où il va de surprise en surprise).

Un coup de coeur pour ce roman qui est loin d'être une apologie de la polygamie.

L'image que je retiendrai :

Celle du garçon à la fenêtre, justement, qui rêve...

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/10/21890931.html

La grande mosquée de Paris, comment les Musulmans ont sauvé des Juifs de la Shoah

comment les Musulmans ont sauvé des Juifs de la Shoah

Salvator

9 décembre 2011

Voici un très beau livre avec des illustrations magnifiques sur une page de l'histoire de l'Occupation que l'on ne connait pas. Il fallait éclairer ce "détail de l'Histoire", voilà chose faite.

Oui, des Musulmans, et le Grand Recteur lui-même ont caché des Juifs et les ont aidé à sortir de France, quand d'autres "français de souche" envoyaient des lettres de dénonciation. Des actions demeurées secrètes bien longtemps.

Avec cet album, l'auteure lève une partie du voile sur les actions de ces "Justes".

Cependant, si l'histoire est intéressante, le texte est trop riche pour des enfants, et n'en dit pas assez pour des adultes. D'où la déception de mon fils aîné et ma légère frustration, j'aurais aimé en savoir plus. Heureusement, l'auteure a judicieusement placé une bibliographie en fin de volume. Mon dernier a, quant à lui, fort apprécié les illustrations et continue de les regarder de temps en temps.

Les Couassous me demandent encore parfois des éclaircissement sur le sujet, signe que le texte était peu claire pour eux. Je ne me lasse pas de leur expliquer, en reprenant l'album, les bonnes actions de ses musulmans vis à vis de leurs cousins juifs.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/08/22899461.html

LE JOURNAL INTIME D'UN ARBRE
9 décembre 2011

Je m'attendais à suivre la vie de l'arbre, Tristan, depuis sa plantation jusqu'à son déracinement. Que nenni. L'histoire commence au moment où Tristan est déraciné par une tempête. Son "essence" continue de vivre et penser à travers des bouts de lui qui voyagent.

Un roman fort plaisant, même si la partie sur le chamanisme frise le "grand-guignol". Le partie-pris écologiste de l'auteur aurait pu être traité plus en finesse. D'autant plus que certains personnages frôlent la caricature.

Mais je ne me suis pas ennuyée à la lecture des pensées de cet arbre, finalement.

Ce livre fut un grand bol d'air frais et m'a (presque) ressourcé.

Un roman qui ne fera pas date, donc, mais à l'idée de départ fort intéressante et au récit bien mené malgré tout.

L'image que je retiendrai :

Celle de la statue que la "sculpteuse" crée à partir d'un bout de Tristan.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/06/22899348.html