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Le visage de Pierre

William Gardner Smith

Christian Bourgois

  • par (Libraire)
    31 décembre 2021

    Un livre absolument nécessaire

    Traduit pour la première fois en français, il porte un témoignage glaçant et accablant sur la réalité du racisme dans la France des années 60, la violence systémique et quotidienne, et les événements du 17 octobre 1961.
    À l'aune des 60 ans de l'indépendance de l'Algérie, Le visage de pierre apparaît comme une lecture absolument nécessaire, et d'autant plus aujourd'hui.


  • par (Libraire)
    29 novembre 2021

    Le visage de pierre

    On est en 1960. Siméon, journaliste noir américain fuit les États-Unis et le racisme qui y règne pour Paris. S'il y restait, il est sûr qu'il tuerait. Mais voilà qu'à Paris, alors qu'il savoure la liberté de circuler, de rencontrer, de partager sans ségrégation, il se trouve confronté à la façon dont sont traités les algériens en France.
    Au cours d'une altercation, embarqué par la police avec les algériens, il saisit tout de suite la différence de traitement. Or, il ne veut pas devenir "le blanc" de l'histoire.
    En même temps, il rencontre Maria dont il tombe amoureux. Elle a connu les camps de travail, en Russie, alors qu'elle était encore enfant, y a vu mourir ses parents. Elle veut oublier l'horreur et vivre !
    Siméon sera-t-il capable de vivre si légèrement en oubliant là d'où il vient, en oubliant les siens ?
    Une écriture vive, active, des personnages riches des vécus terribles, venus d'ailleurs. Des situations qui s'enchaînent et les points de vue différents sur ce qui se passe sont finement amenés, explorés, exposés.
    Une profonde réflexion sur la violence émane de tout l'ouvrage. Il ne s'agit pas de faire preuve de pacifisme béat mais bien de ne pas sombrer dans violence comme dans la folie par goût du sang.
    Ahmed qui fait découvrir à Siméon la situation des algériens en France et Siméon lui-même portent cette réflexion.

    Extrait :

    " Le monde se réduisait à une pyramide où les peuples les plus riches et les plus puissants se trouvaient au sommet – les européens du Nord, les anglais, et, plus récemment, les Américains. Ils imposaient leur échelle dégressive au reste du monde. Ici, l'homme noir était inférieur ; là c'était l'Arabe, là le Juif, là l'Asiatique– selon l'endroit où vous habitiez. Et les hommes qui devenaient riches et puissants à cause d'un accident de l'Histoire étaient ceux qui en décidaient. Durant une époque particulière. "


  • 29 novembre 2021

    Coups de coeur du Forum du Livre

    Paris, début des années 60. Aillant fuis le racisme des États-Unis, Siméon, jeune homme noir américain savoure sa vie pleine de nouvelles libertés. Mais tout ne sera pas « blanc » dans son pays d'accueil, car le racisme envers les Algériens n'est que trop visible dans la capitale française. Partagé entre la passivité et la lutte, quel choix fera-t-il ?
    Ce roman retrace un des événements les plus odieux de la guerre d'Algérie, le massacre du 17 octobre 1961.
    Un texte coup de poing, qui fait écho à l'actualité, sortie aux États-Unis en 1963 et traduit pour la première fois en France.


  • par (Libraire)
    29 novembre 2021

    Une lecture mémorielle

    Années 60, Siméon, un Noir américain, fuit les États-Unis en proie à un racisme violent. Il vient se réfugier à Paris, dans le quartier de Saint- Germain-des-Prés, haut lieu de la vie intellectuelle et bohème. C’est foisonnant, et Siméon s’y plaît déjà. Jusqu’au jour où il se trouve confronté au racisme envers les Algériens alors que la guerre d’Algérie fait rage.

    Et là, la bascule. Il prend soudainement conscience des ravages de celle-ci et de ce racisme patent et assumé. Même au sein de la diaspora américaine qu'il côtoie, la plupart préfère vivre dans le déni ou l'indifférence, car ils ont trop souffert de la discrimination. Ils veulent enfin vivre, et goûter à une insouciance dont ils ont toujours été privés.

    C'est ce hiatus qui est bien rendu. Ce mouvement de balancier perpétuel dans lequel Simeon tâche de trouver une place. La rencontre avec Ahmed, son alter ego, sera alors décisive. Le doute n'est plus, il prendra fait et cause pour les opprimés.

    Ce roman est très intéressant. Il met en évidence les injustices, les persécutions et les crimes commis en toute impunité (dont le terrible 17 octobre 1961), et traite avec justesse du racisme dans son acception la plus large, sans jamais tomber dans les raccourcis faciles.


  • par (Libraire)
    2 novembre 2021

    17 Octobre 1961. En pleine Guerre d'Algérie une manifestation organisée à Paris par des algériens devient un massacre. Pourtant cet évènement fut volontairement oublié. Six décennies plus tard, le manuscrit de William Gardner Smith, enfin publié en français, vient éclairer de manière limpide les drames qui marquent une société ancrée dans le racisme.
    A travers les désillusions de Simeon, jeune américain fuyant la ségrégation pour Paris "ville de la paix", qui découvre alors que "le visage de pierre" n'a pas de frontières.


  • par (Libraire)
    20 octobre 2021

    Coup de cœur de la chouette

    Paru en 1963, ce roman jette une lumière crue sur le racisme systémique d'une France en pleine guerre d'Algérie... et soulève toutes les contradictions inhérentes à ce système. Face à une injustice qu'il ne connaît que trop bien, un homme se demande: comment agir? Comment ne pas trahir et se trahir soi-même?


  • 16 octobre 2021

    Dès les premières pages du Visage de pierre, le lecteur comprend qu'il tient entre les mains un livre capital. L'évidence d'un grand livre mais aussi au sens que les Anglo-Saxons donnent à ce terme, une pièce à conviction. Lorsque Simeon, le narrateur de cette histoire, s'installe à Paris au début des années 60, il fuit la haine et la violence raciales de son pays natal - les États-Unis - qui l'ont laissé mutilé. Journaliste, il fraternise avec un groupe d'expatriés qui hantent les cafés et les boîtes de jazz parisiens. Épris de la belle et énigmatique Maria, Simeon trouve dans son nouveau pays d'adoption les conditions d'une vie libre et épanouie où sa couleur de peau ne pose aucun problème. Les Français accueillants et respectueux ne font pas preuve des mêmes bons sentiments avec leurs ressortissants algériens. Alors que la guerre bat son plein et que la répression devient de plus en plus violente à Paris, Simeon découvre dans la douleur que les Algériens subissent le même sort que les Noirs aux États-Unis. Paru en 1963 outre-atlantique, ce livre n'avait jamais été traduit en France : faut-il y voir une censure tant la peinture sans fards de la société française minée par une guerre coloniale est sans concessions. Contemporain de Wright ou Baldwin, ses illustres confrères passés par Paris, Gardner Smith dénonce ici la violence d'état exercée sur les Algériens et rend compte précisément d'un des évènements les plus effroyables de cette période - la journée du 17 octobre 1961 à Paris - qui trouve ici sa première et pour longtemps sa seule évocation littéraire. Le Visage de pierre est un terrible réquisitoire et une magistrale leçon de fraternité et d'honneur qu'il était grand temps de faire connaître aux lecteurs.


  • par (Libraire)
    10 octobre 2021

    Simeon Brown, journaliste noir-américain, débarque à Paris en 1960, fuyant une situation tendue à Philadelphie, victime d’un passage à tabac par un policier. Il observe la société française qu’il trouve, au premier abord, bien différente de la société américaine raciste. Côté face, il se réjouit du cosmopolitisme de la capitale accueillante, des réseaux de solidarité existants et de sa rencontre amoureuse avec Maria, une jeune polonaise. Côté pile, il assiste, impuissant, à des scènes de violences policières envers les algériens dont la situation, dans le contexte de la guerre pour l’indépendance, lui rappelle celles des noirs-américains des ghettos. Le délit de faciès y sévit de la même manière. Sa rencontre avec Ahmed un jeune étudiant algérien dont la famille combat la France dans les rangs du FLN lui apprend les conditions de vie, dans le quartier de la Goutte d’Or, sans les familles, avec des boulots ingrats et sous-payés et l’existence de camps d’internement où disparaissent les plus récalcitrants. Jusqu’à ce 17 octobre 1961, où le FLN appelle à descendre dans les rues pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu instauré par le gouvernement français pour les algériens. L'intérêt de ce roman réside dans le parallèle que l'auteur fait entre la condition des noirs-américains et celle des algériens, en abordant les questions sensibles du racisme, des préjugés des opprimés et des oppresseurs, de l’intégration et de la lutte anti-colonialiste. Très intéressante lecture d’une époque !