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Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Le sang des Highlands
par
16 juin 2019

"Écosse, 1892. Sur une rive isolée du Loch Ness, les corps d'une paléontologue et de son mari sont retrouvés mutilés et démembrés. Est-ce l'œuvre d'un meurtrier barbare ? Celle d'une bête sauvage ? Et où leur jeune fils et son ami ont-ils disparu ?

L'élucidation de tels crimes ne pouvait être confiée qu'à l'enquêteur Gareth Thaur, un ancien colonel de l'armée qui en a vu bien d'autres. L'affaire est tellement sensible que Scotland Yard envoie en renfort son meilleur détective, Joe Hackney, un ancien malfrat aux méthodes peu orthodoxes, cynique mais génial." (4ème de couverture)

Bon, bon, une fois cela lu, on se dit que ça devrait dépoter. Eh bien non, le début est long et si l'on excepte quelques descriptions de tortures et d'autopsies presque insupportables et à mon avis largement évitables, eh bien le récit ne commence pas vraiment. Il faut passer des passages pour trouver de quoi se raccrocher. Et lorsque comme moi, vous ne trouvez pas, eh bien, vous abandonnez. Il y a un je -ne-sais quoi qui m’empêche d'adhérer à cette histoire, soit dans les personnages, soit dans l'écriture, je ne saurais pas être plus précis, mais je me suis ennuyé. Je laisse donc à d'autres qui sauront apprécier plus que moi.

Sombre avec moi

Anne-Marie Métailié

22,00
par
16 juin 2019

Diana Jager et chirurgienne, pas vraiment appréciée par ses collègues. Il faut dire qu'en tant que blogueuse féroce qui parle de ses conditions de travail et de la vie d'un hôpital, elle s'est fait quelques ennemis. Célibataire presque endurcie, elle rencontre Peter, informaticien, se marie avec lui. Peter meurt six mois plus tard. Très vite elle est soupçonnée.

Que c'est long et bavard. De réflexions oiseuses en descriptions inutiles, ce polar traîne en longueur en devient lassant alors que pourtant tout est là pour qu'il soit passionnant. Le personnage de Diana est bien vu, sa misanthropie à peine cachée, sa froideur. Je sens bien aussi que la construction du roman est intéressante, entre les divers narrateurs, des retours en arrière, des surprises et un intérêt particulier parce qu'on ne sait pas où le romancier veut en venir et nous emmener, difficile de deviner ses intentions et donc l'avenir de ses personnages. Mais pourquoi noyer tout cela dans un flot de dialogues, de descriptions qui n'apportent rien au texte si ce n'est de l'ennui. Comme si, encore une fois, un nombre de signes était imposé à l'auteur ou l'éditeur, pour sortir un gros polar, un livre qu'on remarque sur les étals des librairies.

BROYE
par
16 juin 2019

Cédric Cham, je l'ai déjà rencontré dans son précédent roman, "Le fruit de mes entrailles", un roman noir, très noir. Je pensais qu'il avait atteint les limites de cette couleur, mais je me trompais tant "Broyé" est encore plus noir. Pour "Le fruit de mes entrailles", je parlais de l'outrenoir de Soulages, pour celui-ci, je parlerais plus volontiers du Vantablack utilisé exclusivement par Kapoor en peinture.

Cédric Cham parle de l'enfermement physique mais aussi de l'enfermement psychique lorsqu'une personne est contrainte par une autre. La violence des mots est parfois plus forte que cette des actes. Christo a subi les deux et s'efforce de ne pas reproduire. Mais comment vivre "normalement" lorsque toutes les années précédentes ne furent que violences subies, puis infligées et toujours subies. La résilience, ce n'est pas aisé lorsque les coups et les insultes pleuvaient 24h/24. "Quant au passé, même si des fragments perçaient parfois la surface, à quoi bon s'étendre dessus ? Se souvenir, en parler, revenait à triturer le couteau dans la plaie. A se remémorer ce qu'ils avaient été et donc ce qu'ils étaient devenus. Voire ce qu'ils ne seraient plus. Jamais. Et puis, reconnaître le passé conduisait à prendre conscience du présent. Et donc à devoir affronter le futur. Ou plutôt l'absence de futur. Comment vivre sans but, sans possibilité de lendemain ?" (p.196)

Comment lier connaissance, nouer des relations dans ces conditions ? Comment garder sa part d'humanité ? Tout cela est abordé par l'auteur, parfois directement, parfois entre les lignes dans une écriture qui claque comme des coups. Le style est âpre. Sec. Violent. A l'os comme m'a dit quelqu'un un jour. Pas de fioriture, Cédric Cham va au plus profond sans détour. Un roman noir et dur qui ne laisse pas indemne. On frissonne encore une fois refermé en repensant à tout ce qu'on y a lu.

Je ne lirai pas tous les jours de livres de la sorte, pour mon confort et ma santé mentale -enfin, ce qu'il en reste- mais là, j'en suis encore tout chose, à tel point que, même pas sous la contrainte, j'en fais l'un de mes coups de coeur.

Des écrivains imaginés
par
16 juin 2019

Quinze écrivain(e)s sont l'objet de nouvelles. Tour à tour héros d'icelles ou bien simple référence voire le sujet sans être vraiment présents, ils sont tous objets de fiction. Tous les textes ne m'ont pas touché mais certains sont bons. Ceux sur Charles d'Orléans (1394-1465) et sur la très oubliée Antoinette de Lafon de Boiguérin Deshoulières (1634-1694), le texte le plus drôle, notamment par son abus - voulu et revendiqué - de l'écriture inclusive amenant des outrances qui font sourire. Manon Roland (1754-1793) également a droit à de belles lignes ainsi que Heinrich von Kleist (1777-1811), Gérard de Nerval (1808-1855) et Marguerite Duras (1914-1996).

Les autres m'ont paru plus faibles ou moins dans mes centres d'intérêt : Stéphane Mallarmé, Arthur Conan Doyle, Marcel Proust, Louis Pergaud ou Françoise Dolto, tandis que deux autres sont entre les deux : Fiodor Dostoïevsky et Sidonie Gabrielle, dite Colette.

L'ensemble donne un livre assez inégal néanmoins intéressant par la manière de traiter les sujets, l'autrice changeant de style à chaque écrivain(e). Elle ne s'essaie pas au pastiche, mais colle à l'époque, aux mœurs et aux écrivains dont elle parle et à leurs personnages fictifs. Dans les dernières pages, elle donne une très courte biographie des écrivains en question, son aura à l'époque et maintenant et quelques conseils pour parler d'eux sans les avoir lus. Ce sont les passages les plus drôles du livre.

En résumé, un recueil de nouvelles au thème assez original qui ne décolle jamais vraiment et peut donc décevoir, qui, cependant, garde une certaine originalité pour ne pas dire une originalité certaine qui donnera envie de l'ouvrir et pourquoi pas permettra une jolie découverte.

En Quête d'Elena
par
16 juin 2019

Première apparition de Gignac et de son équipe, et pour cause, c'est le premier roman de Lise Pradère.

C'est un polar documenté, qui, comme je l'aime, met en scène des flics creusant toutes les pistes, ne s'acharnant pas sur un seul potentiel coupable. Ce qui fait que l'enquête part dans pas mal de directions : crime passionnel, affaire politico-financière, vengeance, ... Tout est à chaque fois fouillé, minutieusement décrit. La seule faiblesse, assez minime de ce roman est dans la personnalité de Gignac, ses colères parfois surprenantes et pas forcément crédibles (pour l'une d'entre elles au moins, mais je ne dirai pas laquelle, pour ne rien divulguer de l'intrigue). On sent le surjoué, mais peu importe, parce que tout le reste tient la route et que la naissance d'un héros que j'imagine bien récurrent ne va pas sans quelque faiblesse rattrapée dans les titres suivants. Si la série continue, ce qui ferait le bonheur de tout lecteur amateur de polar, les personnages déjà bien esquissés prendront de l'ampleur.

Roman fort bien mené, le rythme est celui des flics qui bossent avec parfois des sprints, on prend le temps de faire le point sur chaque piste bien travaillée et menée. Lise Pradère construit un roman contemporain dans un contexte qu'on connaît, notamment la partie politico-financière fort bien décrite et documentée. Le tout est assez bluffant et tient en 270 pages là où il en faut le double à certains pour en écrire beaucoup moins. Le talent d'écrire une histoire complète en condensé n'est pas donné à tous les romanciers, Lise Pradère l'a pour ma plus grande joie, moi qui ne cours pas après les pavés. Belle découverte.