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Terrain n° 72 / automne 2019, Faire taire
EAN13
9782955596463
ISBN
978-2-9555964-6-3
Éditeur
Editions Terrain
Date de publication
Collection
Terrain
Nombre de pages
224
Dimensions
20 x 3 cm
Poids
300 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Terrain n° 72 / automne 2019

Faire taire

Editions Terrain

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Qui fait taire qui, et par quelles méthodes? Comment les pratiques et techniques concrètes du faire taire sont-elles mises en place, critiquées ou valorisées, contrées ou enseignées? Ces questions peuvent se poser autant dans l'étude historique ou contemporaine des censures d'État que dans les situations plus floues que des travaux récents ont associés à l'idée de censure: des limites imposées aux dits et aux écrits par le droit de la presse, en passant par divers mécanismes de prévention mis en place par des acteurs privés ou semi-autonomes (réseaux sociaux, maisons d'édition ou de production, campus universitaires, etc.), jusqu'aux petits débats qu'on évite, aux silences et aux non-dits imposés par chaque acteur aux autres et à soi-même. Poser la question de la méthode du faire taire dans ces divers contextes suppose d'identifier des relations concrètes et un certain arrangement d'acteurs saisissables empiriquement. Cela suppose également d'examiner les manières – éphémères ou durables, systématisées ou inattendues – d'amputer, de filtrer ou de remodeler la parole et l'écrit.

Ce numéro invite aussi à une réflexion sur les imaginaires et les configurations politiques et culturelles qui se nouent autour de ces pratiques. Quelles entités impliquent-elles et contribuent-elles à constituer? Dans une grande partie de la littérature en sciences sociales, ainsi que dans les nombreux débats publics autour de la censure, cette dernière est associée à un imaginaire politique et culturel particulier: la censure serait un mal inhérent imposé à l'individu énonciateur envisagé comme, en principe et idéalement, libre et autonome. Cet imaginaire, qui informe effectivement l'expérience des censures dans beaucoup de contextes concrets, mérite d'être examiné ethnographiquement: comment se vit-on dans ces contextes, autant comme « censeur » que comme « censurable »? Quelles visions du sujet, et de ses multiplicités internes, sont impliquées dans la notion même d'auto-censure?
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