La librairie vous accueille du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h
27 rue Franche, 71000 Mâcon - 03 85 38 85 27 - cadran.lunaire@wanadoo.fr
 

Brice F.

Monsieur Toussaint Louverture

par (Libraire)
13 mars 2021

Désarmante lecture que celle des aventures d'Anne Shirley, jeune orpheline de 11 ans, qui après un quiproquo se retrouve adoptée par Marilla et Matthew Cuthbert, qui attendaient...un garçon ! Et pourtant, quelle chance ! quelle aubaine ! pour eux de voir débarquer dans leur vie cette petite fille curieuse, débordante de vie, pétillante d'imagination, adepte de "grands mots" et de longue chevauchées verbales.
Anne est l'espoir, une étoile toute en rousseur, qui nous entraîne avec une agréable béatitude dans un univers coloré, piquant et drôle. Publié en 1908, premier tome d'une série qui a conquis des millions de lecteurs, Anne de Green Gables est une vraie douceur, que l'on soit jeune adulte ou vieil enfant !

par (Libraire)
28 février 2021

Sublime

"Je repense à la beauté, à ces choses qu'on chasse parce qu'on a décidé qu'elles étaient belles. Si la vie d'un individu, comparée à l'histoire de notre planète, est infiniment courte, un battement de cils, comme on dit, alors être magnifique, même du jour de votre naissance au jour de votre mort, c'est ne connaître qu'un bref instant de splendeur."

C'est une lettre. La lettre d'un fils à sa mère, qui, dit-il, ne la lira jamais. Un fils élevé par sa mère et sa grand-mère, tous trois issus de l'immigration vietnamienne aux États-Unis.
Une lettre sublime, d'une rare poésie, où coule le flot de la mémoire, des émotions, et de chacun de ces milliards d'instants qui composent la mosaïque qu'est l'individu.

Avec une justesse bouleversante, Ocean Vuong convoque l'enfance, le déracinement, la non-communication, la violence et la tendresse toujours intrinsèquement liées, la folie et la compassion, la masculinité et l'éveil du désir, des rizières du Vietnam à la terre battue des champs de tabac des États-Unis.
Un roman d'une beauté éclatante, coup de coeur conjoint de E. et B.

Kim Chew NG

Philippe Picquier

16,00
par (Libraire)
13 février 2021

D'abord il y a cette pluie interminable, nuit et jour, qui s'abat sur la forêt malaisienne. On devine la touffeur, la densité des plantations d'hévéa, les sons des animaux environnants, parmi eux rôde le tigre.
Là, dans une maison sur pilotis, vit une famille. Le Père veillant, la Mère aux seins gorgés de lait, le jeune fils Sin, peut-être aussi la petite soeur ou le grand-père. Les journées sont rythmées par la récolte de latex, les nuits sont attente/crainte/écoute du danger qui peut surgir à tout moment.
En huit tableaux, comme autant de variations sur le thème et la situation, l'auteur brouille la chronologie, joue avec la narration, convoque la violence, l'étrange, l'exil, le souvenir traumatique, les fantômes errants.
Récit hypnotique dont la lecture parfois déroutante est une sorte de rêve dont on ressort moite, Pluie rappelle le cinéma du thaïlandais Weerasethakul, en même temps qu'il ouvre une porte sur la culture malaisienne, et son histoire contemporaine.

Christian Bourgois

par (Libraire)
3 février 2021

L'Usine, c'est une entreprise-ville, ou une usine-ville, au choix. En tout cas, elle est grande, étendue, elle englobe tout l'Usine. Le territoire, le quotidien, le fleuve qui la traverse, les animaux qui y zonent, les gens qui y vivent. On ne sait pas bien ce qu'elle produit l'Usine, cela dit.
Trois personnages, une femme et deux hommes racontent leur quotidien à l'Usine. L'une est chargée de déchiqueter les documents sans importance, l'autre de corriger des papiers au stylo rouge, et le dernier, spécialiste des mousses, de végétaliser les toits. Et puis, en même temps que l'absurdité et l'ennui s'étalent au fil des jours, des étranges animaux font peu à peu leur apparition.

Roman court et assez énigmatique, l'Usine est un clin d'œil délicat à l'univers kafkaïen, en même temps qu'il questionne avec finesse le monde du travail et l'imprégnation qu'il a sur nos vies. Et bien évidemment aussi ce rapport tout particulier qu'a la société japonaise à la hiérarchie et la codification des relations sociales.
L'écriture est concise, les phrases courtes rythment ce roman absurde et profondément étrange, parfois très drôle, qui rappelle fortement les ambiances créées par Yoko Ogawa, et bien sûr Haruki Murakami. Habile !

par (Libraire)
26 janvier 2021

"La mer accomplissait chaque seconde mon rêve de rébellion de puissance de force et de liberté. Je crois que j'aurais pu tout laver dans cette eau là comme sous la pluie des forêts et m'y noyer et je me disais finalement que c'était la seule chose qui aurait pu faire disparaître la Colline aux Loups."

Comment parler de ce roman-là, de cette foudre-là, de cette incandescence-là, le plus justement possible ?
Décrire le tsunami qu'est ce roman-là ?
Dire la langue, cette langue torrent qui dans un élan inarrêtable raconte un être enfermé en prison qui déroule le fil de sa vie.
Enfance violée, innocence souillée, vie(s) détruite(s). Et puis ce Démon dont on parle, qui est-il vraiment ? Qui ici, est la Bête ?

Il y a quelque chose qui rappelle très fort le Blast de Manu Larcenet, dans cette fulgurance du récit, cette violence dans l'éveil d'une conscience, à laquelle on assiste par les mots, magie de l'écriture.
C'est un premier roman exceptionnel que nous offre Dimitri Rouchon-Borie, un roman qui nous retourne entièrement, et pour longtemps.

B.