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Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

Les jours brûlants
20,50
9 juillet 2020

Un roman à savourer.

Je suis beaucoup plus difficile à satisfaire en littérature blanche qu’en littérature policière.
Pour moi ce genre littéraire n’autorise aucune approximation. Aucune incohérence. Et, surtout, doit être exempt de tout manichéisme.

Parce qu’il représente souvent la vraie vie, il se doit d’être tout en nuances.
Et Les Jours Brûlants est un parfait exemple de réussite dans ce domaine.

Pourquoi une mère et une épouse comblée, une femme heureuse, décide t-elle un jour de tout abandonner et de s’enfuir loin de tous ceux qu’elle aime ?

Si la question se pose nettement moins lorsqu’il s’agit d’un homme, le fait qu’une femme (et plus encore une mère) puisse en arriver à cette extrémité nous interpelle.

Je voulais découvrir si une telle histoire pouvait être racontée sans tomber dans les lieux communs.
Et Laurence Peyrin y parvient avec brio.

Pour beaucoup le premier réflexe sera de se dire que le facteur déclenchant de cette fuite n’est pas assez grave pour excuser une telle décision. Et pourtant...

L’erreur serait de lire l’histoire de Joanne avec nos repères de 2020. Nous vivons dans un monde où la violence est devenue la norme, et non plus l’exception. Non pas que la violence n’existait pas déjà il y a 45 ans, mais elle était beaucoup moins naturelle.
Qui plus est dans une petite ville américaine.

Ce roman est donc une lecture à mettre en perspective.

Joanne ne cherche ni à faire comprendre sa décision, et encore moins à se la faire pardonner.
Elle ne part pas pour être plus heureuse ailleurs, sa démarche est beaucoup plus profonde que ça.

Mais ça vous le découvrez par vous-même, en lisant ce très beau livre.

Je vous rassure, il n’est pas là pour faire pleurer dans les chaumières. J’ai même rarement autant souri pendant une intrigue d’une telle gravité.

Grâce aux personnages, dans un premier temps, qui sont follement attachants, malgré leurs multiples défauts.
Peut-être même à cause d’eux, justement.
Les situations, ensuite. Inattendues, vibrantes, amusantes, émouvantes... humaines tout simplement.

C’est donc un roman à découvrir, pour la plume, pour l’histoire, et pour son héroïne, qui restera très longtemps dans la mémoire des lecteurs.
Un véritable coup de cœur.

La nuit d'avant

Walker, Wendy

Sonatine éditions

21,00
9 juillet 2020

Très bon thriller psychologique.

Vous aimez les thrillers psychologiques ? Si c’est le cas et que vous ne vous êtes pas encore procuré le nouveau roman de Wendy Walker, il est grand temps d’y remédier !

Troisième titre de l’auteure, La Nuit d’Avant met de nouveau en avant les deux axes chers à l’écrivaine et qu’elle manie avec brio : les mécanismes de la mémoire traumatique et la complexité des liens familiaux.

Avec Tout N’est Pas Perdu, son tout premier thriller psychologique, elle démontrait déjà qu’elle maîtrisait très bien cet exercice.
Emma Dans La Nuit, son roman suivant, qui creusait encore plus la psychologie familiale, avait confirmé son talent.
La Nuit d’Avant la place définitivement dans la catégorie des auteurs de thrillers à succès.

Le roman alterne entre le point de vue de Laura et celui de sa sœur aînée Rosie, qui a toujours protégé sa cadette.
Il faut reconnaître que celle-ci semble en avoir besoin : ces aventures amoureuses ont une fâcheuse tendance à très mal finir, et ce depuis l’adolescence, où son premier petit ami a été assassiné, et que cet drame n’a jamais été totalement résolu...
Et voilà qu’aujourd’hui, âpres un rendez-vous avec un homme rencontré sur le net, elle disparaît subitement.
Il faut dire que Laura préfère les loups. Mais n’en serait-elle pas un elle-même ?

L’alternance, de protagonistes et de temps, crée comme bien souvent une lecture assez dynamique.

La psychologie des différents personnages est bien travaillée, et l’intrigue correctement posée.

Le lecteur reste donc en questionnements quasiment jusqu’à la toute fin du roman, et c’est agréable dans ce type de thriller où les réponses sont souvent devinées en cours de lecture.

Le style de l’auteure est toujours aussi efficace et on ressent vraiment l’intérêt qu’elle porte à la mémoire traumatique ainsi qu’à ses conséquences, et la dextérité avec laquelle elle met en place ses connaissances pour enrichir la trame de son histoire.

Même si je garde une petite préférence pour Emma Dans La Nuit, ce tout dernier titre vaut très largement le détour, et me confirme que j’attendrai son prochain roman avec autant d’impatience que celui-ci.

Encore une belle réussite de Wendy Walker que je recommande aux fans du genre.

Le jour des cendres, Série

Série "Rivières pourpres"

Albin Michel

21,90
3 juillet 2020

Un thriller rythmé.

Jean-Christophe Grangé fait partie des auteurs qui n’ont plus à se faire un nom et dont chaque nouveau titre est un petit événement.
Le Jour des Cendres n’échappe évidemment pas à cette règle, et il contient tout ce qu’il faut pour plaire aux fans habituels de l’auteur, mais également pour attirer de nouveaux lecteurs.

Les inconditionnels y retrouveront ce qui fait l’attractivité de cette plume : une intrigue rythmée, un style percutant, des protagonistes tout en contradictions, des dialogues mordants et des twists efficaces.

La quasi absence de scènes particulièrement sanglantes et/ou violentes permettra, elle, à tous les lecteurs, même les plus « softs », d’apprécier l’histoire.

Toutefois, si le sens ne coule pas à chaque page, l’auteur garde son style si particulier qui le rend incontournable dans le monde du thriller.
Il faut dire que le sujet s’y prête : communauté religieuse, meurtres, hiver glacial, secrets monstrueux... tout est réuni pour créer une trame redoutable.

Le déroulé est très visuel, presque cinématographique, ce qui le rend très addictif et éloigne toute envie de poser le roman avant la toute dernière page.

J’ai lu, ici ou là, que l’intrigue est directement tirée d’un des épisodes de la série télévisée Les Rivières Pourpres (elle-même adaptée du roman éponyme de Grangé). Personnellement, n’aimant pas les adaptations, je n’ai pas regardé cette série, ce qui m’a permis de découvrir cette histoire de façon tout à fait détachée de toute attente.

Et je me suis régalée !

À savoir également : aucun besoin d’avoir lu les précédents romans de l’auteur pour suivre et apprécier celui-ci, ce qui est toujours un plus quand on connaît l’ampleur de sa bibliographie.

C’est un livre qui se dévore donc tout seul et qui laisse le lecteur impatient de découvrir le prochain, ou de (re)découvrir les précédents.
Un thriller sombre, dérangeant et addictif.

À tenter sans tarder !

Une enquête de Will Trent / La dernière veuve : kidnappée, brisée, emprisonnée, la Crime Queen est de retour
1 juillet 2020

Toujours aussi efficace.

Nouveau roman de Karin Slaughter, La Dernière Veuve reprend les principales qualités de l’auteure.

Rythmé et prenant, c’est un très bon exemple de thriller efficace, comme Slaughter a l’habitude de nous proposer.

J’ai une petite préférence pour ses one-shots, comme pour tout auteur d’ailleurs, mais j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture avec ce petit bébé de 580 pages.

Il fait partie de la série « Will Trent », mais vous pouvez sans aucun problème découvrir ce nouveau roman même si vous n’avez pas lu les titres précédents.

Juillet 2019, alors que Michelle et sa fille Ashley ressortent d’une grande surface, la mère est enlevée sous les yeux de la jeune adolescente.
Août 2019, Sara et Will déjeunent chez les parents de la jeune femme lorsqu’ils entendent de fortes détonations. Comprenant rapidement qu’il s’agit d’explosions venant du campus d’Emory, ils se rendent sur place pour venir en aide. Malheureusement, avant même d’y arriver, Sara sera enlevée elle aussi...

En nous offrant une intrigue qui parle tout autant de terrorisme, de politique, de dérives sectaires, de racisme, de sexisme, d’intolérance, Karin Slaughter touche un public aussi large que varié, et interpellé par la justesse de certaines situations.

La haine. Les haines, toujours plus nombreuses et plus promptes à montrer leurs odieux visages.

L’action démarre dès les premières pages et le rythme ne ralenti pas avant les dernières pages. D’ailleurs il est difficile de poser ce livre avant la fin.

Avec des chapitres qui suivent, quasiment heure par heure, Sara d’un côté, et Will de l’autre, l’auteure maintient le lecteur sous une tension maximale, du début à la fin.
Bref du très bon Slaughter, qui propose une nouvelle histoire aussi passionnante que nerveuse.

Je le recommande à tous les lecteurs qui recherchent un bon thriller à la trame efficace et addictive, et tout autant aux fans de l’écrivaine qu’à ceux qui ne la connaissent pas encore.

Un vrai page-turner !

Le jour où Kennedy n'est pas mort
1 juillet 2020

Superbe.

Avec son style élégant, ses intrigues haletantes, ses personnages forts, et, surtout, ses atmosphères à couper le souffle, Ellory est pour moi l’un des meilleurs écrivains de sa génération.

Savoir qu’il s’attaquait cette fois à l’histoire de JFK m’a donné quelques sueurs froides. Écrire sur un homme dont la vie est devenue légendaire me semblait risqué. Nombre de romans ont déjà traité le sujet.
Ellory allait-il réussir à renouveler cette fascinante histoire ?

La réponse est oui.

Je tiens à souligner, puisque la question a été posée, que ce roman est une uchronie, mais n’est absolument pas à comparer au mémorable 22/11/63 de S. King.
Ici pas de voyages dans le temps, pas de multiples façons de modifier le passé, et aucune notion de littérature fantastique.
Dans ce thriller, l’auteur part du postulat qu’il ne s’est rien passé ce jour-là à Dallas.
John F. et Jackie Kennedy s’y sont bien rendus, mais aucun coup de feu n’a jamais éclaté.

Nous voici donc en juillet 1964, JFK est toujours président et s’apprête à se représenter.
Mitch Newman, journaliste à la carrière inexistante et au passé délicat, apprend le suicide de Jean, son ex-fiancée. Mais ni lui ni la mère de la victime ne croient à cette version et il comprend rapidement que Jean enquêtait sur une mystérieuse affaire, liée à Dallas et à la visite présidentielle.

Décidé à connaître la vérité, il mène enquête, quitte à mettre à jour un incroyable secret d’État.
Ce roman suit donc d’un côté les investigations de Newman et de l’autre la famille Kennedy et ses proches, nous plongeant dans les arcanes de la politique et de ses nombreux travers.

Et une nouvelle fois, Ellory nous prouve sa facilité à nous immerger dans une époque en recréant toute une atmosphère, et à nous ferrer dans une intrigue extraordinairement réelle et addictive.
On reste estomaqué de la masse considérable de recherches et de connaissances que l’auteur a accumulées et par le talent dont il fait preuve en les remodelant pour servir son histoire.

À la fois sombre et brillant, ce thriller est une nouvelle pépite.
La sublime rencontre entre la magnifique plume de Ellory et le mythe des Kennedy.
Une lecture à savourer sans hésitation !