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Marin D.

Open Bar, 1ère tournée

1ère tournée

Delcourt

12,50
par (Libraire)
7 mai 2019

Acerbe réalité

Après son récent passage dans le roman avec l'excellent Le discours (chez Gallimard), Fabcaro retourne à son domaine de prédilection, la bande-dessinée avec Open Bar. A chaque page, il s'empare d'une situation du quotidien et la détourne avec l'humour qui fait sa renommée depuis Zai Zai Zai Zai. L'album se dévore d'une traite, le sourire aux lèvres, entre échos à l'actualité et contextes complètement décalés. Mais ce qui marque le plus lorsque le ferme le livre, c'est cette capacité de Fabcaro à mettre en forme l'absurdité du monde qui nous entoure, avec une verve délicate et pourtant terriblement incisive. Un petit bijou de drôlerie, à dévorer d'urgence.

Les Furtifs
25,00
par (Libraire)
7 mai 2019

Avis aux voltés

Milieu du XXIème siècle. Les villes sont désormais privatisées et s'appellent LVMH ou Warner. Tout est connecté ou presque, des dalles du sol aux bagues sur les doigts de chacun des protagonistes. L'humain évolue dans un surplus d'information désormais quotidien. Dans cet espace qu'on a du mal à qualifier de réalité, un homme cherche sa fille, disparue depuis plusieurs années. Lui croit qu'elle a été enlevée par des entités mystérieuses, les Furtifs, qui se terrent dans notre monde, invisibles et pourtant bien là. C'est le point de départ de cette dystopie initiatique, dont la langue et l'écriture mouvantes, vivantes, emportent dans un tourbillon romanesque qui balaie tout sur son passage.
Les Furtifs, comme chacun des livres d'Alain Damasio, est bien plus qu'un roman, une expérience sensorielle, quasi-organique, qui ne demande au lecteur qu'un peu de curiosité pour déployer son immensité. Un véritable chef d’œuvre, d'une créativité hors-norme.

En attendant Eden

Éditions Gallmeister

20,60
par (Libraire)
13 avril 2019

Eden s'en va en guerre

Le corps d'Eden reviens d'Irak, méconnaissable, après que son véhicule a roulé sur une mine. Mais, malgré ses blessures colossales, il est miraculeusement maintenu dans un coma entrecoupé de brefs instants de clarté. Tandis qu'à son chevet se succèdent les médecins, sa femme Mary essaye de renouer un contact avec lui, révélant peu à peu au lecteur leur vie de famille meurtrie.
En attendant Eden est un roman de la blessure : celle physique, causée par la guerre, et celle morale, infligée par les tourments et les aléas de la vie. Aucune des deux ne semblent prendre plus d'importance que l'autre : il s'agit de défis que nul être humain ne peut relever. Et c'est avec une infinie délicatesse et une immense admiration qu'Elliot Ackerman dépeint ces portraits autant brisés que touchants, dans un portrait intime et intense de grande beauté.

Travelling
par (Libraire)
4 avril 2019

Après avoir fait le tour du monde

Travelling est un roman à quatre mains : les mains littéraires de Tanguy Viel, qui accompagnent celles de l'écrivain voyageur Christian Garcin. Tous les deux, ils réalisent en 2018 un tour du monde pendant trois mois, sans utiliser d'avion, et partent à la découverte des paysages et des cultures américaines, asiatiques et russes. Au travers des pages nait un véritable dialogue entre deux amis, deux explorateurs, qui donnent à voir un monde d'une complexité et d'une richesse tout simplement réjouissante.
Le livre se lit le sourire aux lèvres, nous émerveille devant la sobriété des torii japonais ou la fierté de l’âme russe, sublimés par les styles très personnels des deux auteurs. Le dépaysement, littéraire et géographique, est là : palpable, touchant, sensible. Un ouvrage d'une rare délicatesse, tout bonnement splendide.

Peau de mille bêtes
par (Libraire)
30 mars 2019

Une beauté sans pareille

Suite à une rencontre fortuite, le Roi de la forêt se marie avec Belle, une jeune fille qui a fui son village. Lorsque celle-ci meurt, rien ne parvient à le consoler, et les prétendantes qui se succèdent n'arrivent pas à occulter le souvenir de Belle. Dans sa détresse, il fait des avances à sa propre fille, dont les refus le plongent dans une colère noire. Le Roi la condamne alors à porter une robe, faite de mille peaux de bêtes, qui la rendra sauvage à l'approche de chaque autre homme, la maintenant dans une profonde solitude.

Stéphane Fert revisite, avec Peau de mille bêtes, le conte des frères Grimm, dans une version moderne et ingénieuse. Le scénario prend habilement le lecteur par la main, dans une succession de péripéties fantastiques captivantes aux rebondissements tragiques. Et que dire du dessin, tout en nuances, qui immerge complètement dans l'atmosphère merveilleuse de la BD. Le mélange de bleu, de violet et de noir, les couleurs dominantes, envoute dès les premières pages. Chaque case est une peinture, un travail d'orfèvre et d'artiste, dans lesquelles on plonge avec les yeux emplis d'étoiles.

L'auteur réussi l'exploit, rare en littérature, d'émerveiller ses lecteurs comme des enfants tout en les faisant méditer comme des adultes. Alors laissez la curiosité l'emporter et plongez vous dans cette parenthèse enchantée où le rire et les larmes se chevauchent sans cesse, dans un tourbillon d'émotions d'une richesse inégalable.