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Eric R.

Conseillé par (Libraire)
8 octobre 2019

Au coeur du Brexit

Pour connaître l’état d’une nation on peut lire des livres de sociologie. Ou lire Jonathan Coe.
Dans ce dernier roman l’écrivain ausculte l’Angleterre depuis 2010 jusqu’à ce cataclysme qu’est le Brexit. A travers les différents membres de la famille Trotter que l’on suit depuis « Bienvenue au Club », on découvre les multiples fractures d’une société qui ne se reconnait plus et cherche à retrouver une identité perdue : cette « Angleterre profonde » fantasmée. Nationalisme, discours majoritaire du politiquement correct, rôle des media, austérité, chaque personnage se confronte à ces sujets dans sa vie de tous les jours. Pas de poncifs pour autant car l’auteur conserve sa qualité première: une écriture fluide qui vous raconte une histoire comme dans un livre pour enfants. En refermant ce magnifique roman on se pose cependant une question: à quand un ouvrage de cette lignée dans la littérature française?

Eric.

Conseillé par (Libraire)
8 octobre 2019

AU COEUR DU BREXIT

Pour connaître l’état d’une nation on peut lire des livres de sociologie. Ou lire Jonathan Coe. Dans ce dernier roman l’écrivain ausculte l’Angleterre depuis 2010 jusqu’à ce cataclysme qu’est le Brexit. A travers les différents membres de la famille Trotter que l’on suit depuis « Bienvenue au Club », on découvre les multiples fractures d’une société qui ne se reconnait plus et cherche à retrouver une identité perdue: cette « Angleterre profonde » fantasmée . Nationalisme, discours majoritaire du politiquement correct, rôle des media, austérité, chaque personnage se confronte à ses sujets dans sa vie de tous les jours. Pas de poncifs pour autant car l’auteur conserve sa qualité première: une écriture fluide qui vous raconte une histoire comme dans un livre pour enfants. En refermant ce magnifique roman on se pose cependant une question: à quand un ouvrage de cette lignée dans la littérature française?

Eric.

Roman

L'Iconoclaste

18,00
Conseillé par (Libraire)
24 septembre 2019

Un paradis en enfer

C'est l'histoire d'une lignée de femmes. Emilienne la grand mère et Blanche la petite fille vouées et liées à un lieu : la ferme du Paradis. Un lieu qui exige la vie pleine et entière de ses occupantes.
Cécile Coulon poursuit avec ce roman sa description de la ruralité, dégagée de sentimentalisme, de passéisme ou de régionalisme. Dans un huis clos étouffant, comme dans une tragédie grecque, on sent poindre une angoissante destinée. Les personnages sont inoubliables et l'on pense parfois au magnifique "Né d'aucune femme" de Franck Bouysse.
L'écriture vous prend à la gorge et vous emmène dans des territoires inconnus.
Le Paradis peut être parfois l'Enfer. Et il devient alors un des romans majeurs de cette rentrée littéraire.

Eric.

Conseillé par (Libraire)
24 septembre 2019

Un roman éblouissant de couleurs !

Frida Kahlo et Diego Rivera étaient faits pour s’aimer et se détester. Dans son roman haut en couleurs Claire Berest décrit l’histoire d’une passion dévorante, destructrice. Et créatrice.

Il s’appelle Diego Rivera. Elle s’appelle Frida Kahlo.

Ils vont former l’un des couples les plus explosifs de l’histoire de l’art et Claire Berest dans son roman va s’attacher, plus qu’à écrire une nouvelle biographie du couple, à décrire la fusion, mais aussi la violence d’une passion tellurique.
Comme le scalpel qui déchire perpétuellement le corps de Frida fracassé par un accident de tramway, le roman raconte la souffrance et la joie qui accompagnent Frida lors de sa première rencontre avec celui qui peint des fresques murales gigantesques, au divorce et au remariage. Deux évènements symboles de cet aller retour permanent entre fusion et séparation, entre fidélité et adultère.
Frida est asservie et libre. Asservie car elle obéit aux injonctions du peintre, elle devient son tout, ne vit qu’à travers sa présence, lui qui multiplie les maitresses et les injonctions. Libre car elle va se battre de toutes ses forces par amour, bouger son corps mutilé, goûter à tous les plaisirs. Et peindre. Il peint des scènes de trois mètres de haut. Elle peint de petits tableaux. Et sa peinture va devenir le reflet inconscient sa vie: tourner sur les tourments du corps et de l’esprit. Un hymne à la résistance.

Les deux peintres ont en commun le goût de l’explosion des tonalités brutes, des couleurs qui donnent leur titre aux chapitres, du bleu du ciel mexicain des débuts au rouge des Etats Unis, et au jaune des déchirements. Les mots de Claire Berest sont comme des tons violents posés sur une toile. Ils vibrent d’intensité et décrivent à merveille l’emprise de la passion qui exacerbe les sens et peuvent rendre fou. Le roman nous secoue dans un partage sensuel, chaotique de vie et de mort, de désir et de répulsion.

« Rien n’est noir » est écrit sur la couverture, au dessus d’un baiser fougueux et coloré. « Rien n’est noir » disent les peintres. Claire Berest démontre que la couleur peut aussi être l’apanage des mots et de la littérature.
Eric

9,00
Conseillé par (Libraire)
30 août 2019

Comprendre les bourreaux pour mieux les combattre

C’est un cordonnier. Ce 29 juin 1941, il rentre chez lui auprès de sa famille, pour diner après une chaude journée estivale. Hier, il a discuté avec ses voisins. Juifs. Ce matin, il est allé acheter une hache et a tué le couple et ses trois enfants. Ce soir la vie a repris son cours. Depuis des années, Lionel Duroy, cherche à comprendre ce passage aux actes les plus odieux, cette perte d’humanité qui rend l’autre plus insignifiant qu’un animal.

Ce cordonnier presque anonyme a participé à l’un des plus grands pogroms de l’Histoire, celui qui extermina à Jassy, ville roumaine proche de la frontière soviétique, 13 226 juifs, soit près de la moitié de la population. C’est Eugenia, native de Jassy, qui va nous raconter ce pogrom, elle qui a baigné comme toute la population, dès sa plus tendre enfance dans un antisémitisme partagé, et qui prendra conscience de l’horreur de cette haine de l’autre grâce à une rencontre avec Mihail Sebastian, auteur roumain juif, qui décèdera en 1947 dans un accident.
S’appuyant sur le Journal et les écrits de Sebastian, Lionel Duroy montre à la fois le terreau culturel et le racisme qui enveloppent toute la société roumaine, à l’encontre des juifs.
Eugenia, par l’écriture de Lionel Duroy, comprend rapidement que ce ne sont pas les paroles des victimes qui expliqueront le passage de l’état d’Homme à celui de bourreau. Aussi c’est la parole des assassins, des idéologues, que ce roman essaie de faire entendre. Qu’il y a t’il en eux, de différent, de cassé, d’absent, pour qu’un vieil homme puisse battre une femme en hurlant : « Saleté, éructait-il. Saleté de youpine! Tu vas crever, oui, ou t’en veux encore? ».
Près de 80 ans plus tard, le récit de la montée des extrêmes, du racisme, des préjugés, trouvent un écho terrible dans les actualités quotidiennes. Lionel Duroy, explique que ce roman est né de l’image d’un croche-pied que fait une cadreuse hongroise à un réfugié qui porte un enfant dans ses bras, pour l’empêcher de franchir la frontière. Geste qu’elle renouvelle et filme. S’il n’explique pas ce geste « Eugenia » proclame l’absolue nécessité pour l’Homme de le condamner inlassablement. Et de ne pas le commettre.

Eric