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Clara

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Une lectrice sans prétention, amoureuse de la vie qui habite au bout du monde (ou presque). Et un blog pour parler lectures : http://claraetlesmots.blogspot.fr

La Grande escapade
28 août 2019

1975. En province, au groupe scolaire Denis-Diderot, les enseignants et leurs familles occupent des logements de fonction. Forcément tout le monde se connaît, les parents sont collègues et les enfants jouent ensemble. L’enseignement est basé sur les méthodes anciennes et les élèves sont menés à la baguette par le rigide directeur Lorrain. Lorsqu’un nouvel instituteur Florimont adepte d’une pédagogie différente arrive, on se doute que ce petit monde va connaître des remous d’autant plus que les classes vont devoir être mixtes et que l’émancipation des femmes fait frémir certains maris.

Á l’aube de l’adolescence, les amitiés entre enfants se délitent, les personnalités se cherchent et s’affirment. Sous des apparences lisses et courtoises, les rivalités et les jalousies entre parents s’aiguisent et dans le sillage de Mai 68, les femmes découvrent une liberté toute nouvelle. Avec un regard tendre et avec des personnages hauts en couleur dont certains sont truculents, Jean-Philippe Blondel décrit ces vies, les mentalités tout comme l’amorce d’une nouvelle société. Il nous retrace la fin d’une époque révolue par sa rigueur éducative et par ses schémas codifiés dans le couple. Les femmes deviennent indépendantes, les enfants mûrissent, la radio diffuse des chansons anglophones et la société se libère de ses corsets.

Une fois de plus, Jean-Philippe Blondel a su traduire parfaitement les sentiments, les perceptions et ressentis de ses personnages. Les pages se tournent toutes seules entre sourires, notamment quand il dépeint les réactions quasi épidermiques concernant les hippies, et petits pincements au cœur.

Sans être mièvre, cette chronique sociale et terriblement humaine est délicieuse, acidulée et vive. Petite précision : il est inutile d’avoir connu les années 70 pour apprécier ce roman plein d’entrain, hautement savoureux où l’humour n’est pas en reste. Si le dernier roman de Jean-Philippe Blondel m’était tombé des mains, j’ai dévoré celui-ci !

https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/08/jean-philippe-blondel-la-grande-escapade.html

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon
26 août 2019

À la prison de Montréal où il purge une peine de deux ans, Paul Hansen partage sa cellule avec Horton un biker de Hells Angel incarcéré pour meurtre. Qu’est-ce qui a conduit Paul en prison ? Évidemment, cette question nous titille et Jean-Paul Dubois ne nous livrera la réponse qu’à la toute fin.

Fils unique d’un pasteur suédois et d’une passionnée de cinéma engagé près de Toulouse, Paul a vu, impuissant, se déliter lentement le couple formé par ses parents. À sa majorité, il rejoint son père au Québec et trouve un emploi de factotum dans une résidence cossue où il a officié durant vingt-six années rendant service aux locataires et en leur prêtant également une oreille attentive. Avec Winona Mapachee, une Indienne algonquine pilote d'un Beaver monomoteur et Nouk un chien qu’ils avaient recueilli, le bonheur parfait était au rendez-vous.

Avec cette tendresse et cette pudeur qui le caractérisent, Jean-Paul Dubois nous parle de vies simples en apparence tiraillées par les doutes, bousculées à tout jamais par par la soif d’argent des autres, mais aussi de foi et de liberté, d’amour, de solidarité et de belles amitiés belles qui réchauffent le cœur. Et jusqu’à la dernière ligne, une belle nostalgie qui pince le cœur m’a enveloppée.
Ses personnages attachants et truculents par leurs côtés décalés (Horton qui sous ses airs peu commodes cache des peurs infantiles) ou simplement parce qu’ils sont criants de vérité m'ont plus que touchée.
Dans ce roman, vous l'aurez compris, l'humain est au centre.

Jean-Paul Dubois rejoint mon club d’auteurs chouchous. Parce que j’aime son écriture élégante, son humour absurde et souvent ironique, sa sensibilité et sa fausse nonchalance (avec des descriptions précises qui ne saoulent jamais le lecteur).

https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/08/jean-paul-dubois-tous-les-hommes.html

NOUS SOMMES AUJOURD'HUI REUNIS

Weisman Jamie

Actes Sud

22,50
12 juillet 2019

https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/07/jamie-weisman-nous-sommes-aujourdhui.html

Elizabeth Gottlieb, une jeune femme superbe, s’apprête à s’unir avec Adam. En ce jour si particulier de félicité, familles et amis sont réunis pour célébrer leur union. Bien sûr, pour les mariés, il y a de la joie, mais dans l’assemblée, des regrets et de la jalousie sont dissimulés derrière les sourires de façade. Elizabeth fait partie de la bourgeoisie juive d’Atlanta, et son union avec un goy fait grincer certaines dents.

Se glissant dans la peau de certains des invités, l'auteure leur donne la parole. Carla, une amie d’Elizabeth, détone dans l’assemblée. Assistante personnelle d’un acteur, dotée d’un physique disgracieux et d'une infirmité, ses pensées sont terriblement ironiques. Sa présence en tant que demoiselle d’honneur fait jaser, mais son regard sur ceux et celles qui l’entourent est acide et piquant.
Cloué dans un fauteuil roulant et privé de la parole suite à un AVC, le grand-père d’Elizabeth est lucide quant à ses actions, et sur les agissements des membres de sa famille.
Tour à tour, des amis des parents d'Elizabeth et leurs enfants, sa grand-mère, mais aussi sa mère, se livrent sans fard et reviennent sur les liens qui les unissent à Elizabeth ; mais aussi sur la mort, la guerre, la maladie ou encore la foi.

Ce roman chorale oscille entre humour grinçant et émotions très touchantes, notamment avec la grand-mère d’Elizabeth, seule rescapée de sa famille après l'Holocauste. On entre dans leurs existences, on entrevoit leurs peines et leurs regrets.
C'est bien rythmé, Jamie Weisman a su donnr un ton unique pour chacun, avec une pudeur contenue, de la colère, de la souffrance ou de l’amour. Cette farandole de personnages interroge sur ce que chacun met derrière l'expression "réussir sa vie", et sur le temps qui passe. Les préjugés, les erreurs, les ressentiments et les failles sont révélés avec une lucidité sans faux-semblants. Un grand plaisir !

Ceux et celles qui ont lu et aimé "Une pièce montée" de Blandine Le Callet seront ravis par cette lecture.

"Ma vie est censée commencer maintenant. Comme le dit la bonne vieille blague, maintenant que les enfants sont partis et que le chien est mort."

Surface

Michel Lafon

19,95
10 juillet 2019

Suite à une opération qui a mal tournée, le capitaine Noémie Chastain, de la brigade des stupéfiants à Paris, hérite d’une gueule cassée et d’un ex-petit ami. Ses supérieurs, sous prétexte qu’elle prenne l’air et se refasse une santé, l’envoient dans l’Aveyron, avec pour objectif de fermer un commissariat de police qui ne sert plus à grand chose.
Dans la région, les affaires de meurtres ne sont pas légion. Noémie s’ennuie, mais prend son mal en patience, avec comme seule envie de retrouver sa brigade à Paris. Mais, un fût contentant le corps d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt apparait à la surface d'un lac...
Noémie, cette femme à la personnalité forte et et au tempérament courageux, est ébranlée. Son job adoré est du passé, tout comme son copain qui n'a pas trouvé mieux que de la laisser en plan en découvrant son visage défiguré. Elle doute et se remet en question mais tente de le cacher à ses nouveaux collègues. Si au départ, elle veut lâcher l'affaire, des éléments vont la faire changer d'avis.

Avec une intrigue bien ficelée et des personnages humains, la reconstruction morale de Noémie est aussi intéressante que l'enquête.
Sans temps mort et avec des répliques qui font mouche, c'est vif et diablement efficace ! Vous comprendrez pourquoi j’ai tourné les pages avec frénésie.
Mission largement accomplie pour ce polar hautement addictif que j'ai dévoré. Si je devais être la seule à n’avoir jamais lu Olivier Norek et bien désormais, je comprends pourquoi cet auteur a du succès.

Les jours de ton absence
9 juillet 2019

Il n’aura fallu à Sarah que sept jours pour tomber follement amoureuse d’Eddie. Rentrée en Angleterre comme chaque année pour voir ses parents, la jeune femme exilée aux Etats-Unis l’a rencontré par le plus grand des hasards, et ils ont passé une semaine de pur bonheur ensemble. Mais, quand Eddie part pour des vacances prévues de longue date, Sarah attend comme convenu de ses nouvelles... Et rien, nada.
Sarah est une jeune femme sympathique entourée de deux amis géniaux. Quand Eddie disparaît sans donner signe de vie, on a envie de lui dire qu’à trente-sept ans, elle devrait être au courant des déceptions amoureuses et que certains hommes sont des goujats. Mais Sarah s’accroche, elle croit dur comme fer qu’Eddie est un gars bien et qu’il lui est arrivé quelque chose.

Je ne dirai pas que c’est le livre idéal pour l’été, car Sarah a eu le don de m’agacer, donnant le sentiment d’être tombée de la lune (ou presque). Et surtout, ce roman contemporain est un peu bancal et donne lieu à des scènes hautes en guimauve.
Si vous cherchez une histoire sans prise de tête et que vous être prête à fermer les yeux sur des incohérences, vous pouvez le lire sinon, attendez-vous à un roman survendu.