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Elizabeth P.

Les voyages de Daniel Ascher
4 février 2018

Un excellent premier roman

C’est toujours intéressant un premier roman. Découvrir un nouvel auteur.
On n’a pas d’attente particulière, juste l’espoir d’être agréablement surpris, juste une grande curiosité.
Et bien là, mas curiosité ne m’a pas déçue, j’ai été complètement emballée par ce livre.

Hélène, étudiante à Paris loge dans une chambre de bonne chez son grand-oncle.
Enfant, elle n’aimait pas tellement cet homme qui par contre ravissait tous les autres enfants de la famille en leur racontant des histoires extraordinaires.
Il est d’ailleurs devenu écrivain et a publié une série de romans d’aventures qui a passionné toute une génération de jeunes, dont Guillaume, le nouveau petit ami d’Hélène.
Bourlingueur, son grand-oncle, Daniel, n’est pas souvent là Paris et quand il y est, il l’agace toujours autant
Mais petit à petit ils vont s’apprivoiser. Elle va se mettre à lire ses livres qu’elle n’avait jamais lus.
Et à son contact et par ses livres, elle va découvrir tous les secrets de sa vie étrange et surtout de son enfance. Elle ira même aux Etats-Unis pour en savoir plus.
Jusqu’à découvrir une vérité insoupçonnée qui rendra enfin adulte ce vieil oncle fantasque.

Le style est classique et irréprochable
Au fil des courts chapitres, on découvre avec Hélène la vie peu commune de Daniel Ascher, ses nombreux voyages, et comment l’écriture l’a sauvé d’un drame d’enfance si mal cicatrisé.
Si Hélène peut sembler un peu froide ainsi que sa famille, ses recherches l’humanisent.
Daniel et Guillaume, extravagants, gais, éternels enfants, sont eux d’emblée très sympathiques.
Outre l’histoire, c’est une réflexion sur la shoah, sur la transmission, sur les rêves offerts aux enfants, sur la survie par le rêve et par l’écriture, sur les secrets de famille, sur la filiation.
Un roman plus dense qu’il n’y paraît de premier abord et qui passionne très vite.

Belle merveille
1 février 2018

Séisme, choléra, ouragan….. En quelques années, rien n’est épargné à Haïti
Et au milieu de ces catastrophes, Bernard, survivant lucide, s’éprend d’Amore une italienne bénévole dans une ONG
Elle lui propose un voyage à Rome, et dans l’avion, des flashs des évènements le submergent.
Une belle histoire d’amour sur un fond de violence naturelle et déstructurante.
Les auteurs haîtiens, Dany Laferrière en tête m’émeuvent particulièrement
Il s’en dégage, comme c’est le cas ici une poésie et une sensualité très fortes., une lucidité dans les faits, une énergie dans le désespoir qui ne peut laisser indifférent.

Encore vivant
19,80
29 janvier 2018

Magnifique

Une lecture qui m’a subjuguée, passionnée, interpelée.
Pierre Souchon est journaliste, marié, mais aussi bipolaire.
Il raconte son parcours, les hôpitaux psychiatriques, ses rencontres, ses excès….
Il raconte sa famille, son père aimant, si compréhensif et complice, qui ne juge pas, ses grands-parents décédés qui lui manquent. Une famille de gauche. Et sa belle-famille aussi, bourgeoise, catholique, de droite, mais sympathique.
Il raconte la vie des paysans des Cévennes.
Il raconte ses révoltes contre l’injustice, les barrières sociales
C’est un être d’une hyper sensibilité, d’une grande humanité, qui épouse les souffrances des autres et en fait ses grandes causes.
Il ne nous cache rien, se dévoile entièrement.
C’est une autobiographie mais écrite comme un roman, d’une plume, concise, nette, belle.
A la révolte se mêle l’humour, la poésie.
Il est pris entre plein de feux. L’histoire de sa famille, l’histoire des paysans cévenols, l’histoire des malades mentaux, l’histoire des fractures sociales,……. et sa propre histoire, et sa maladie.
Entre les psys et les cachets, il tente de faire la part des choses.
J’ai admiré son courage et sa lucidité de se livrer ainsi d’une manière qui paraît presque légère malgré la difficulté à vivre avec tous ces poids.

Femme à la mobylette
29 novembre 2017

Quel magnifique portrait de femme !
Une femme simple dans une situation pas simple.
Son mari l’a quittée, elle élève seule ses trois enfants, elle ne trouve pas de travail.
Combien de femmes dans son cas ?
Ce livre est une superbe manière de leur rendre hommage.
Et il est tellement bien écrit. Sans misérabilisme, mais avec tellement de sensibilité.
La vie, ce n’est pas que des situations parfaites pour des créatures de rêve.
Et bien les livres, c’est pareil. D’aucuns peuvent dire qu’ils sont faits pour nous faire rêver. Peut-être, mais pas que.
Ils peuvent aussi nous raconter la vie de femmes quelconques mais fascinantes, retrouver un sens à leur vie, justifier de leur existence, leur donner une place honorable dans la société.
Et Jean-Luc Seigle a ce talent : faire ressortir la richesse de chacun.
J’ai adoré Reine, ses faiblesses et ses élans, sa réserve, sa beauté intérieure, ses défaillances et ses talents….
Et puis l’écriture coulante, sans retenue, avec les mots justes, de l’émotion, de la tendresse.
Le super bonus de ce livre, c’est le deuxième texte où l’auteur témoigne de son voyage aux Etats-Unis. L’émotion faisant suite au roman en est décuplée.
Entre autre j’en retiens ce morceau de phrase : « Croire qu’un trésor est caché dans le plus misérable d’entre nous….. ». C’est tout à fait le sentiment que m’a donné Reine.

La décision de Brandes
26 novembre 2017

121 pages riches et denses.
Hofer recherche des oeuvres d'art pour Göring, en particulier des Cranach
Brandes en possède un et Hofer lui pose un ultimatum :
« Si vous voulez récupérer vos tableaux, vous n'avez qu'à me donner le Cranach »
Il n'a que peu de temps pour prendre sa décision.
Et pendant ce court laps de temps, lui qui est maintenant un vieil homme voit ressurgir tous son passé, tous ses souvenirs.
Et quel passé ! Et quels souvenirs !
Une écriture fine et précise nous entraîne dans un tourbillon de couleurs, de pigments, d'odeurs, de sentiments. de l'enfance jusqu'au seuil de la mort.
Un passé qui remonte, fait de tendresse, de passion du beau, de décisions hasardeuses.
On est baigné dans un univers pictural enchanteur..