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Le trottoir au soleil
21 février 2011

Splendide !

Partir dans le quotidien figé dans une éternité au goût mélancolique et doux, une sensation amère que ces instants ne seront bientôt qu’un lointain souvenir. Cette lecture n’est que tendresse, douceur de vivre. Apprécier chaque parcelle de soleil, humer les odeurs de bonheur, sourire au temps qui se débine, et ressentir ce contentement tout simple mais authentique de savoir que la vie est faite de mille petits instants si précieux à récolter, voire à thésauriser dans l’album de notre existence. Qui mieux que Delerm pour nous peindre ces tableaux vivants et charmants, touchants et si vrais.

Revivre à ses côtés, ces moments partagés, nous émerveille pour le peu qu’on adhère à ce langage du presque rien qui fait tout.

Certes pas de réelle surprise, car ce titre rejoint tout à fait “la première gorgée de bière” ou encore “Dickens barbe à papa”, si vous avez aimé, vous ne pourrez qu’apprécier “Le trottoir au soleil”.

Des petits textes qui s’enchaînent comme par magie, des endroits ici et ailleurs, des petits riens qui font un bien fou. Un soupçon de sensualité serait une note nouvelle au sein de ce recueil avec “cette mouillure-là”.

Les fruits, une gare, des rues et des bancs, un mariage, des livres et leur auteur, une brocante et un self-service, autant de sujets, des lieux, des actions et des sensations à explorer en sa compagnie qui nous abreuvent non seulement de poésie mais aussi de bien belles réflexions.

Page 104 : Aller au nord, c’est tailler l’infini la route d’une intime vérité; On est toujours au bord, juste à côté, le long des courbes des canaux, des joncs à peine blonds séparent du ciel gris. Aura-t-on vraiment franchi une frontière en arrivant un jour au coeur de Bruges ? Il semble que ce soit bien là le centre désiré de tous ces cercles concentriques. Dans la perfection de cet ailleurs flottant, qui fait semblant d’étaler l’opulence bourgeoise pour mieux distiller sa ferveur préraphaélite, sensuelle et mystique, on marche à l’infini, on se sait attendu. On est au coeur de soi.

J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir et c’est toujours un réel bonheur que de se plonger dans les ouvrages de Philippe Delerm, un instant on déconnecte pour s’immerger dans la douceur de vivre, prendre le temps de regarder et d’apprécier, observer, écouter…

Page 40 : Est-ce seulement le soleil à contre-jour filtrant sous les branches ? Il y a de la tristesse, de l’espoir et du talent, dans la poussière qui danse en suspension. Pas de place à payer pour le spectacle. On se sent bien, dans la grammaire de la rue. Le verbe fait l’action. Mais il y a les verbes d’état aussi. Ils n’ont pas de complément d’objet, pas de but. Etre, paraître, devenir; On se sent là. Lézard de la rue.

Il nous décline mille petites choses qui pourraient paraître insignifiantes mais enluminées par sa plume ça devient un réel moment de grâce. Il nous parle si bien des choses de la vie, des livres et des mots, des situations et des occasions de chaque jour et de tout à chacun que forcément, on y retrouve un peu de nous au détour d’une page. Beaucoup de petits chapitres ou tableaux diversifiés sur des thèmes tout aussi divers.

Lire Delerm comme reflet de son texte “dans la poussière dorée” : le temps se fige, et se mue en une douce candeur en naviguant sur les flots du plaisir de lire.

Page 145 : Un livre idéal pour le Luxembourg au mois d’août, c’est “l’inconnu sur la terre”, de Le Clézio. Des pages libres et détachées qui parlent de nuages, de vraies oranges et de temps arrêté. A l’ombre épaisse du Luxembourg, le corps penché en arrière, c’est comme dans le bouquin de Le Clézio. Le temps ne passe pas, personne n’a rien à faire. On se laisse dériver dans la pluie sèche de poussière dorée. Très tard, très loin, il y aura les coups de sifflet tranquilles des gardiens, une petite sévérité discrète pour vous sortir de la torpeur. Au-delà des grilles on va changer de corps et retrouver le pas, le rythme de la ville.

Suprême délice à le lire, une parenthèse plaisir, une bulle d’échappée vers des ailleurs.

Qui a déjà lu Delem, comprendra tout à fait cette sensation qu’on éprouve, qui ne l’a pas lu, et bien courrez vite vous le procurer et vous comprendrez.

Ces choses que nous n'avons pas vues venir
29 janvier 2011

Des futurs qui nous pendent au nez !

Ce livre est une série de tableaux apocalyptiques, futuristes et pourtant qui nous laissent à réfléchir, alors que je lisais ce livre, l’Australie était plongée dans les eaux, les frissons d’une réalité qui se rapproche à pas de géant, comme un écho à cette fatalité d' un monde en perdition.

Les humains deviennent des loups pour survivre tant bien que mal, plutôt mal il va sans dire. J’ai donc lu ce livre avec ces images qui ressurgissaient, s’ajoutant à toutes les autres que l’auteur nous expose ; un livre fort, poignant qui s’approche de très près à un futur pas si loin de nous.

Je vous résumerai pas toutes les scénarios possibles et imaginables, mais regardez autour de vous, et de part le monde, la descente est sous nos pas, le vertige vous prendra à travers les pages, cramponnez-vous autant que vous le pouvez, mais rien n’arrêtera cette glisse vers une fin pas très chouette.

Au-delà de ces histoires noires, l’écriture est agréable, les personnages qui reviennent d’un tableau à un autre, sans jamais savoir réellement si ce livre se veut un roman ou un recueil de nouvelles. Il n’y a pas de réelle cohésion entre les histoires si ce n’est le narrateur qui se retrouve ici et là, et d’autres personnages…C’est ce point qui m’a le plus dérangée en somme, à chercher cette cohérence dans le fil de l’histoire.

Cette histoire qui pourrait se rapprocher au mieux de la vidéo (à voir sur le blog) s'intitule : Terre aride, en voici le début : “ Un cheval de pluie est un cheval qui a été habitué à se déplacer sous des pluies torrentielles sans se plaindre. Il peut porter au trot des charges et des gens à travers des cours d’eau en crue. Je n’ai jamais demandé qui les dresse, ni comment, mais bravo. Cette jument ne m’a jamais planté. Du moment qu’elle a sa capuche et sa housse, elle passera parmi des troncs pourris en forêt, traversera des torrents dévalant des rues principales, pour aller là où il faut. (…) Je suis sensé parcourir les basses terres, chercher la flamme vacillante des bougies dans des maisons plongées dans l’obscurité et évacuer ceux qui croient encore à une éclaircie.”

Cette éclaircie qui s’étiole dans le temps, nous la vivons actuellement, viendra un jour où l’éclaircie ne sera qu’un lointain souvenir, un leurre de plus. On pourra implorer tous les dieux de ce monde, ou pourra s’acharner à mettre en place des ceci et des cela, des taxes anti-pollution, et des amendes pour les pollueurs, on pourra débloquer des fonds sans fonds, aucun pouvoir public ou privé d’ailleurs ne pourra faire face à ces catastrophes sans nom si ce n’est celui de la fin d’une humanité.

L’Homme sera-t-il s’adapter à cette nature en colère ? Voilà la question qui ressort de ce livre. La prise de conscience est bien ancrée dans bien des têtes, mais peut-on et a-t-on les moyens et les capacités à effacer des erreurs à l’échelle planétaire ? J’en doute, et lire ce livre laisse un goût amer de comprendre que cet auteur sait lui aussi que même les mots n’auront aucun pouvoir à cette décadence qu’importe le scénario imaginé, l’un ou l’autre nous pend au bout du nez…

Pour résumé, voici un livre qui m’ a plu pour tous ces scénarios catastrophes, nous laissant apercevoir sans doute un filet d’espoir nommé : survie … mais lisez-le plutôt, vous ne serez pas déçus, aucune monotonie, rien de farfelu même si ces histoires n’ont rien de réelles, elles frisent la réalité avec beaucoup de crédibilité.

Le monde à ma fenêtre
19 janvier 2011

Touchant

La part de son retour sur son passé envahit un peu trop ce roman au détriment de son témoignage sur sa maladie au quotidien, d’où un soupçon ô tout léger de déception quant à mes attentes.

L’écriture de ce roman a été un moyen pour l’auteur d’échapper à sa maladie mais n’aborde pas pleinement tout ce que peut engendrer une maladie chronique et incurable au quotidien. Bien qu’elle aborde sa souffrance, son parcours médical etc… mais le côté psychologique par exemple n’est pas réellement présent.

Du coup, j’ai lu ce roman toujours dans l’attente d’un récit qui n’est pas venu mais ne croyez pas que je fus déçue bien au contraire car j’ai pu cheminer à Rome et Venise, savourez un quotidien italien d’une autre époque, ce fut une lecture découverte dans le sens que j’ai admiré des tableaux colorés parfois difficiles, mais toutefois intéressants.

Il n’est pas inutile de savoir lire entre les lignes pour ressentir malgré tout cette souffrance qui la tenaille, sa vie qui bascule vers l’irrémédiable, vouloir revenir sur son passé comme une issue pour défier le temps.

Quand à la plume, elle est plus qu’agréable, poétique, et sensible. De beaux passages sur des réflexions humaines, ce regard des autres qu’elle veut éviter, son corps qui se défile, ce monde qui bientôt va lui échapper, le regarder uniquement par sa fenêtre, en compagnie de sa chatte. Qui mieux que les animaux restent fidèles et ne font pas de différence quand vous même devenez différent ?

Je dois dire, que ce livre est très touchant, émouvant et mérite d’être lu.

Poétique du village, Rencontres en Margeride

Rencontres en Margeride

Stock

5 janvier 2011

jolie balade poétique

Cette balade au parfum à la fois rude et douce de nos campagnes m’enchante agréablement.

L’auteur nous conte plus qu’il nous expose, l’humain au quotidien, nous emmène par les venelles d’une campagne profonde, par les chemins cachés et chargés d’histoire, de faits.

La géographie des lieux s’apparente à celle des habitants ou l’inverse un peu comme le concept d’Aristote “Topos” en somme pour résumé : Aristote conçoit que chaque être a son propre lieu dans l’espace, son topos dans le tout exclusif qui lui appartient de plein droit. C’est comme si nous disions : trouver sa place en ce vaste monde.


C’est en débutant cet essai avec l’histoire très touchante de Rose Vines que ce Topos d’Aristote m’est revenu à l’esprit. Cette enfant parisienne, fut hébergée pendant les années noires de la seconde guerre mondiale à Sainte Eulalie, c’est ainsi que Rose Vines, 7 ans s’approprie son Topos et n’a de cesse d’y retourner pour finalement s’y installer à l’âge adulte.

Cet essai m’a donné ce reflet des lieux et des êtres comme un tout, une certaine fusion des deux aspects que nous présente l’auteur autour des personnages qu’il rencontre et nous raconte : avec Emma, et le très touchant El Tio pour ne citer que ces deux noms.

La poésie nous enlace au détour des paysages qui nous enivrent avec volupté, à s’y méprendre, le décor se meut, nous attire à le pénétrer et s’y fondre, à ceux qui honorent la géographie avec leurs pieds, des envies de se chausser nous surprennent.

Une invitation à se laisser séduire par des chemins moins communs vers des paysages surprenants et séduisants.

Page 49 : C’est moins la sensation de dominer un territoire qui prévaut, comme pour qui parvient à un sommet, que celle, plus subtile, de pouvoir, enfin, mieux respirer, analogue à celle que procure une clairière dans la forêt-une éclaircie-, ou un vaste place en plein centre-ville, rompant avec l’étroitesse, l’encombrement des rues et la hauteur des immeubles. Soudain, de la lumière. Moins voir loin que voir mieux, et tout en même temps : champs, chemins, lieux habités qui s’égrènent dans une sorte de Co visibilité. Au bénéfice des sommets et autres vallées pittoresques, nous oublions trop volontiers ou trop souvent, discréditons a priori la beauté spécifique des reliefs horizontaux, les plaines, les plats pays, les marais, les lacs (finlandais, pyrénéens, ceux de la Brenne et ceux de la Dombes) ; les planèzes du Cantals-de Salers et de Saint-Flour, ces coulées de basalte qui tapissent le pied des volcans- ; l’Aubrac, bien sûr et le causse Méjan, ou encore le Vercors. La Beauce aussi.

Des légendes qui prennent vie avec la bête du Gévaudan par exemple, c’est ainsi que des lieux deviennent des cites de curiosité, de pèlerinage pour d’autres, des lieux à éviter baignés de malédiction ou maléfices, étant pour ces faits baptisés du nom “lieu dit”.

Page 24 : Mercoire, puis aux abords des villages du département voisin, avant de venir errer dans les pâturages qui ourlaient les sapinières du mont Mouchet. Alors repéré, il fut abattu non loin du village de Montvert. Montvert, désormais apaisé, éclatant de silence, comme posé en bord de Margeride, semblant y conduire, lui donner la main plutôt que la dominer. : quelques hameaux, deux petites vallées, une route improbable dessinant ses lacets à flanc de montagne, tel un filet de vie reliant les fermes isolées ; au fond, plus loin, bleu pâle , l’horizon ; plus loin encore certainement, d’autres Margeride, d’autant plus désirables et attirantes qu’inaccessibles, juste entrevues.

Chemin faisant, le lecteur s’immerge de plus en plus profondément dans le décor et dans cette atmosphère si particulière des campagnes, on entend le murmure de la vie si douce qui s’écoule, ces épisodes qui n’appartiennent qu’à ces instants, qu’à cette géographie du moment et de l’humain.

Page 57 : “je ne m’ennuie jamais, moi, j’ai mon cinéma ici”, me dit-il en désignant la vue splendide qu’il a de sa cour : de vastes prés en longueur comme semés de robustes fayards noueux donnant sur une vallée encaissée, et, conduisant doucement vers le fond d’un paysage et au-dessus, vers le ciel qui semble tout proche, des pâturages en pente douce striés de murets de garnit – un bocage de pierres – qui moutonnent sur fond de nuages. une petite route au loin s'offre au regard, surlignée d’une ligne de frênes – des arbres compagnons, des arbres de famille, pourrait-on presque dire, au même titre que le sureau ou le sorbier des oiseleurs qui garnit souvent les murs extérieurs des fermes-, tandis que le tracé d’une ligne de chemin de fer se devine au pied du versant de la vallée, et sa minuscule gare- “

La météo : éternelle, l’ entrée en la matière pour ouvrir une conversation anodine, incontournable dans nos campagnes, le sujet quotidien de nos anciens, plusieurs fois vient s’immiscer dans notre journée, à la TV ou radio, au croisement de mains avec ce “ça va” s’en suit “sale temps ! ” ou “quelle chaleur pour la saison!” par exemple. Ces bouts de rien qui rythment toute une vie, au fil des saisons, nous relient aux uns et aux autres. Pourquoi autant d’importance à cette météo ? Phénomène qui joue sur notre comportement, sur notre moral, et notre civilisation, voire sur notre physique. Ici encore, tout semble lier naturellement, il y a comme ça des paysages et des gens qui sont modelés par les aléas du “temps”.

Page 183 : Préoccupation justifiée si l’on songe à l’obstination du ciel, bien au-delà de la fin de l’hiver, à empoisonner la vie dans ces contrées. Témoin ce 11 février 2010 où Jean-Louis a bien failli rester prisonnier d’une congère à quatre kilomètres seulement du Mazel ; et quelques jours après, cette assistante sociale d’Aurillac qui m’a dit au téléphone qu’elle venant de rebrousser chemin au col qui devait la conduire à Neussargues. Rappelons-le, il y a deux France : celle qui aime la neige et celle qui l’a redoute ; celle des nivophiles, la majorité d’entre nous, gens des villes, et uis celle des nivofuges (ou miso-nivistes), gens des montagnes, usagers craintifs de la route, lourdement pénalisés, une injustice géographique, une de plus ! Réactivant les mémoires, la neige : viendra, viendra pas ? Teindra-t-elle ? “Demain il devrait geler”
***

Ce livre est une promenade au cœur d’une certaine France à la géographie curieuse et à la population bien marquée selon son territoire, c’est un ensemble qui ne peut se dissocier, c’est ainsi que je l’ai perçu à la lecture de cet essai qui se lit comme un roman, à la plume poétique. Un essai qui nous invite à aller par les chemins à la rencontre de ces paysages, de ces gens autrement qu’en tourisme, découvrir cette géographie

Elle, par bonheur, et toujours nue
3 janvier 2011

Sublime !

Cette plume enchanteresse vous prend dans ce tourbillon passionnant, ce n’est plus une biographie, mais une longue poésie, l’histoire de ce peintre qui se prit de passion pour cette femme, qui fut son unique modèle ou presque pour tous les nus qu’il a peints, Marthe toujours belle, toujours jeune, même quand l’âge impitoyable œuvra avec naturel sur le corps de cette nymphe, les pinceaux de Pierre Bonnard, l’ont ignoré, sachant passer outre et peindre par amour cette beauté immortalisé dans son cœur, son âme et sur ses toiles.

L’auteur semble tout aussi subjugué par cette femme que le peintre lui-même, ou lui rappelle-t-il, un amour perdu, impossible ou espéré que sais-je ? : “ c’est elle, Pierre, que vous m’avez donnée comme un champ de blé sous l’orage, et elle fut à moi tout de suite, par bonheur et toujours nue.”

Puis la biographie commence par “un conte de noël” à Paris en 1893, le hasard s’invite, alors que Pierre comme de coutume arpente les rues de Paris, capturant ici et là des instants de vie pour ses croquis : “ Car Paris est son chevalet. Les ombres et les lumières, son fusain ou sa mine de plomb sur le papier qui tremble : et les jambes des femmes qui font bouger la terre sous les froufrous sont ses pinceaux de rêve” , Marie manque de se faire faucher par le tramway, Pierre accourt à son secours. S’en suit une histoire d’amour passion entre le peintre et Marie qui deviendra son modèle.

L’histoire se déroule comme un roman, entre la vie précaire de peintre et le secret de Marie, l’auteur nous peint avec délicatesse et élégance la vie de ce couple, ou l’harmonie règne malgré les hauts et les bas comme dans toute vie de couple.

J’ai lu ce sublime livre d’une seule traite, avec l’impossibilité de relever la tête, tellement prise par la beauté de ce récit transpirant de poésie, de couleur, plein de lumière et de chaleur, d’amour et de passion. Complètement subjuguée moi aussi par ce charme que dégage cette plume, cette vie de peintre, cet amour entre Pierre et Marthe…