La librairie vous accueille du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h
27 rue Franche, 71000 Mâcon - 03 85 38 85 27 - cadran.lunaire@wanadoo.fr
 

La voix des êtres aimés
28 avril 2011

Ce livre m’a d’emblée portée vers celui de Laurence Tardieu : Puisque rien ne dure; par son sujet et cette même prière à l’amante de concéder à une dernière volonté. J’ai beaucoup aimé le tissage des deux histoires celle de leurs amours et celle que Céleste conte à Paul. Tout se mire dans les sentiments des uns et des autres, les blessures refont surface, l’amertume mais aussi ces grands moments de bonheur partagés.


La plume est douce, mais manque cette poésie à laquelle je m’attendais avec cette auteure, une petite déception sur ce point.

J’ai beaucoup aimé l’histoire de Hoàng et de Céleste, cet amour puissant qui se passe de paroles, et comment Paul superpose cette passion à celle qu’il a perdue quand Céleste a décidé de le quitter. C’est un jeu de miroir, où parfois les images et les souvenirs se mêlent bizarrement aux désirs inassouvis, aux regrets d’un acte manqué, d’un choix irrévocable… cette impuissance à retenir le cours de la vie, et à la fois ce besoin cruel de lui échapper…

La partie “maladie” et ce chemin de vie qui s’achève, sont emplis de réflexions intéressantes par le biais des confidences que Paul livre à son kiné : la peur de mourir par exemple, la souffrance au quotidien, cette fragilité du corps alors que l’esprit reste sain, devenir un être à la merci de cette maladie et devoir accepter cette forme d’humiliation…Savoir combattre la maladie, et l’accepter avec philosophie. Beaucoup de sujets abordés mine de rien, avec délicatesse ou en murmure.

Un beau roman qui nous laisse dans une certaine interrogation sur la vie elle-même, nos choix d’un jour sont-ils à regretter, ou doit-on laisser le destin faire son œuvre sans jamais regretter quoi que ce soit ? Finesse et délicatesse pour cette romance d’Isabelle Jarry que j’ai appréciée pour sa douceur et les sujets traités chargés d’émotion.

Des adhésifs dans le monde moderne
17 avril 2011

Humour au rendez-vous

“Peut-être que si l'on réussissait à améliorer la cohésion humaine, les autres détails - les lois, les frontières, la Constitution - se règleraient d'eux-mêmes. Il suffirait de trouver l'adhésif le mieux adapté aux supports. La clémence. le pardon. Si seulement ça existait en tube”

Ce petit extrait reflète la réflexion qui flotte parmi les aventures ou mésaventures des protagonistes de ce roman parfois loufoque parfois grave.

Le titre n’est à mon sens qu’un prétexte pour filer Ariane tout au long de ce roman. Georgie étant free lance pour une revue “Les Adhésifs”, la métaphore est toute trouvée pour tenter de recoller les morceaux de sa propre existence, autant que celle de son entourage et bien au-delà par la réflexion sur ce monde qui n’en finit pas de se désagréger.

Un livre qui m’a scotchée, je dois bien l’avouer sans pour autant dire que ce fut un coup de coeur, mais j’ai passé un week-end à le lire au soleil, et ce fut un bon moment , agréable et détendu, de l’humour certes pas à pouffer de rire, mais le personnage de Naomi, m’a bien fait sourire, j’en garderai un bon souvenir. L’auteur a su me captiver, et me retenir dans son scénario fort bien mené, où elle a su susciter de l’intérêt en imbriquant des micros histoires. A l’image de la colle, une chimie qui au début n’était qu’un noyau isolé, plein de petits atomes sont venus se greffer au fil de l’histoire pour ne faire qu’un seul.

L’auteure aborde des sujets de tout à chacun mais qui peuvent nous concerner de plein fouet, mais aussi des maux de notre société, comme le cas de cette vieille dame qui aurait pu se faire rouler dans la farine, enfermée et dépouillée par des charognards. Le sujet des ados a retenu mon attention, fragiles et souvent démunis, ils se réfugient dans une bulle ou dans une idéologie les menant parfois nulle part mais surtout à l’extrême d’un grand n’importe quoi. La peur des parents pour ses enfants, cruelle et tenace.

Le couple qui se brise pour un porte brosse à dent, comment recoller les morceaux d’une histoire qui est arrivée à son terme ?

Puis des sujets bien plus graves sont abordés, ceux des guerres sans fin entre Israël et la Palestine par exemple.

Sous un air loufoque, l’auteure a su nous peindre un tableau de notre société avec ces cratères dégoulinant de monstruosités mais aussi ces petites rivières qui chantonnent l’humanité retrouvée : savoir écouter, regarder, et prendre le temps voire donner de son temps pour autrui sans rien attendre en retour juste soulager celui qui a besoin d’un appui.

Une belle lecture qui m’a ravie dont j’ai apprécié le style qui m’a fait étrangement rappelé celui d’Anna Gavalda pour ce pouvoir de nous engloutir dans le scénario et dont on peine à quitter. Toutefois, j’ai trouvé la fin un peu “bâclée” tel un beau soufflet dont on a admiré son ascension magistrale, d’un coup, la fin retombe trop vite, comme si la précipitation d’en finir avec ce roman, l’auteure avait coupé court, et paf paf, je te fais rencontrer tous les personnages au supermarché du coin et hop en deux temps deux mouvements, tout est fini !

Un début prometteur et promesses tenues mais une fin expédiée. Dommage !

Mais n’oublions pas la présence tant aimée des chats ! Ah, tout un monde ! A vous de le découvrir…Ces petits félins, on ne s’en lasse pas.

La Compagnie des femmes, Prix Erckmann-Chatrian 2011

Prix Erckmann-Chatrian 2011

Stock

17 avril 2011

Sublime, amoureux des mots ne louper pas ce livre

Voici un livre, comme je les aime, dès le seuil on pénètre dans une bulle, se laissant flotter au gré d’une poésie épurée, des mots en offrande, une jubilation de savourer ce cocktail délicieux, j’aime tout naturellement. Non pas forcément l’histoire, mais tout la splendeur des mots choisis, cette musicalité, l’harmonie des pensées, un vrai délice difficilement explicable.


Vous conter l’histoire, me semble dérisoire, tant la beauté de la plume encense la romance. Au delà de ce titre, j’ai lu un seul livre d’Yves Simon, j’en avais gardé un excellent souvenir et c’est un bonheur de le retrouver, plus affirmé, plus poétique, plus sage dans son errance, mais tellement vivant, humain dans ses sentiments envers les autres, généreux mais à la fois un égo fort aiguisé, sans doute indispensable comme un besoin de se recentrer pour mieux se tourner vers autrui.

J’ai aimé le personnage, son besoin de vagabonder pour mieux se retrouver, effleurer un instant d’autres visages, croisés d’autres histoires, revenir sur son passé, se laisser emporter par son envie d’ici et d’ailleurs. Un Road stories je dirais, de Paris à Nice, des arrêts ici ou là, une route que beaucoup connaît, on apprécie les escapades tant bourguignonnes que provençales, une route semée de souvenirs, de délicatesse, de blessures parfois, comment vous inviter à prendre votre sac, et cheminer aux côtés de cet auteur.

Page 16 : C’était cela partir : entendre le claquement d’une porte et se savoir projeté à l’intérieur du monde, prêt à affronter les jours et les nuits d’une odyssée bitumée, un itinéraire sans but sinon celui de se trouver dans le nulle part d’un rêve.

Page 19 : A vingt ans je me fascinai pour les autoroutes et les grands espaces, quarante ans plus tard, me restait le goût enivrant d’une jeunesse, partir en silence comme un fuyard, ne laisser aucune adresse, vivre seul avec les souvenirs qui s’accrochent au voyage, souffrir qu’ils vous envahissent puis les yeux captivés par l’autoroute, ne songer qu’au long ruban hypnotique et finir par abandonner sur les bas-côtés quelques cadavres de sa mémoire.

Un coeur qui s’ouvre à vous, un voyageur qui nous emporte, c’est un homme qui nous raconte “la femme”, pour nous avouer qu’il aime leur compagnie sans pour autant vivre avec. Au bout de ce voyage, il puisera au fond de ces amours au pluriel, ce besoin de vivre avec une femme unique au quotidien. Un amour au singulier pour une femme aimée. Une très belle déclaration d’amour toute en délicatesse et justesse, sans se voiler la face, avouer ses faiblesses et y renoncer. S’interroger sur ce besoin primitif de consommer cette soif de l’ailleurs.

Page 139 : Pourtant, il en est bien ainsi : la nouveauté est ailleurs et les beautés de l’univers infinies. Comment se résoudre alors à n’être rassasié que par un seul être du monde… La sagesse ? La vertu ? L’amour ? Quid de la curiosité, de l’attraction des abîmes, du vertige, des passions, des voluptés crasses où la perte de soi et la mort s’épousent ? La complexité des désirs ne pouvait que nous porter aux confins de nébuleuses où nous n’imaginions jamais pouvoir accoster pour y faire connaissance avec la noirceur, la lumière, le dégoût et la foi, y rencontrer des moussons, des boréales et des aurores…

Un très beau itinéraire sur les routes de France, et des escales sur d’autres continents, mais aussi au fond de son être, un cheminement vers l’accomplissement d’une vie amoureuse.

Page 143 : Désir d’écrire, désir de voyage, désir de Léonie, le désir se moque des futurs disait-on : avec lui point de lendemain. Pourtant je m’imaginais que de l’avenir avec cette femme, accompagné de son corps, de ses mots, de sa beauté d’âme pour visiter le monde à mes côtés. L’essentiel étant de jouir non des corps, mais du temps.

Il n’est pas question que de femmes durant ce voyage, mais aussi d’ami à jamais perdu, de parents, de connaissances et d’inconnus :

Page 37 : Ainsi, Vincent s’était asphyxié le coeur, il avait inhalé l’amer parfum des défaites, la pire d’entre elles : ne jamais être parvenu à effleurer ce que l’on espérait ardemment devenir. La prose lisse et dictatoriale l’avait anéanti. Lui le surdoué adolescent, lui qui rêvait de traverser le onde armé de ses seuls mots de lune pour le revêtir de lambeaux flamboyants, d’aurores et de crépuscules délavés. Il avait usé ses rétines à contempler des moulins dont les ailes ne tournaient plus, à vouloir vivre au coeur de drames impossibles, de parfums volatilisés, les dérisoires armatures de nos rêves.

Une part belle à l’écriture, il va sans dire, car tout le long de ce voyage, l’auteur nous partage également ses passions du moins je le ressens ainsi - page 87 : L’écriture naît souvent d’une mince fracture entre pouvoir et fragilité. Le pouvoir des mots et l’extrême faiblesse qu’il y a à se manifester en eux. Les poètes s’imaginent être des dieux capables d’envoyer à l’univers des gammes de sensations qui tenteront d’émouvoir des inconnus alors que, dans le même temps, ils se sentent misérables de ne pas parvenir à conquérir les sommets de sensualité qu’ils s’imaginent pouvoir atteindre. Vulnérables d’eux-mêmes et des mots, ils s’emploient à devenir les illusionnistes d’un monde opaque, tout de mystères, où ils se devinent les élus désignés à en dissiper les énigmes.

J’ai relevé énormément de passages, j’ai du même abandonner la pose de post-it, combien j’aimerais vous les partager, mais le temps ô cruel et avare m’oblige à faire un choix.

Ouvrez le livre et plongez dans cet océan de bonheur :

Léonie était jeune et moi qui vieillissais

Je pensai qu'il me faudrait au moins mille pages pour décrire son visage. Un millier de pages pour sculpter les contours et reliefs d'une figure de femme, avec le seul usage des mots, les lettres d'un alphabet, une grammaire et des adjectifs pimpants. Décrire avec une minutie raffinée ses lèvres ourlées, un nez joyeusement épaté, des yeux noirs effilés pareils à des corps d'abeilles. Mais encore le pigment d'une peau métissée, sa couleur exacte - ambre tendance pain au lait -, les minuscules grains de beauté disposés au pic de ses joues. Après ce travail titanesque, une image à peu près correcte parviendrait-elle à se visualiser dans l'imaginaire d'un quelconque lecteur ?

Ouvrez ce livre, amoureux des mots, il est pour vous.

Mensonges

Éditions de L'Olivier

30 mars 2011

La plume de Valérie Zenatti m’enchante toujours autant, ce petit livre que j’ai choisi de lire sans en connaître la quatrième de couverture, m’a à la fois bouleversée par le sujet et à la fois ravie par le style. Ce n’est pas un roman à proprement parlé, du moins c’est ce que j’ai ressenti, mais des jeux de miroir, l’adulte se souvient, l’imaginaire croise la réalité : cette période horrible, où le peuple juif fut persécuté d’une façon inhumaine, où aucun adjectif n’est suffisant fort et puissant pour définir ces horreurs.

Je dois dire, que j’ai eu des moments difficiles, malgré la délicatesse et la douceur de la plume, savoir que ces mots noirs sur papier blanc, ont été bien réels, c’est difficilement acceptable de pouvoir imaginer cette cruauté d’humain à humain. Ce n’est pourtant pas la première fois que je lis ce genre de livre sur le sujet, mais jamais je ne parviendrai à lire ces témoignages sans être bouleversée, horrifiée, et pleine de rage envers ces bourreaux.

Deux grandes parties pour cette histoire comme le reflet des faits tels que vécus et ceux exposés : En apparence, première partie ! en apparence, on fait visiter les camps, à notre époque , au moment des faits, on mentait, à tous ….

Mentir pour s’inventer une autre histoire, ne pas croire à cette histoire, mentir pour juste cacher la vérité qui n’est pas toujours belle à dire…

Le livre commence à Nice en 1979, cette petite fille juive ment, mensonges, titre du livre, mentir pour ne pas avouer qu’elle est juive, car à l’école elle n’aime pas être juive, on parle de ce film “holocauste”, elle ment à sa mère pour pouvoir visionner le film. Le mensonge toujours, le mensonge pour vivre, survivre, pour passer outre les mailles du filet… mentir seule issue possible quand plus rien n’est permis.

Décrire cette époque les mots manquent pour expliquer à des enfants le pourquoi du comment de ces gestes immondes.

Page 10 : “les grandes catastrophes ne supportent pas un langage précieux et lourd, elles exigent au contraire des mots délicats, comme un bandage sur une blessure. Quand j’ai commencé à écrire, on m’a demandé pourquoi je n’écrivais pas sur ici et maintenant. On disait de moi : c’est un écrivain de la Shoah. Mais tout écrivain digne de ce nom écrit sur son enfance, et la Shoah est mon enfance. Dans mes livres, je redonne vie aux miens qui ont disparu, à tous les miens, car je contiens en moi mes grands-parents pieux, mes parents assimilés, mes oncles et mes cousins communistes, anarchistes et bundistes.

A mes yeux, la littérature est l’art de concilier le temps elle doit être à la fois passé, présent et futur. Si elle ne se préoccupe que du passé, c’est de l’histoire, si elle ne se préoccupe que du présent, c’est du journalisme, et si elle n’est tournée que vers le futur, elle devient science-fiction. L’écriture, comme la prière, permet d’être en contact avec ce qu’il y a de plus profond en nous. Ce n’est pas une transcription de la réalité, mais l’intégration de la réalité que l’on restitue pour parvenir à une extension de soi-même.”

Puis le récit se poursuit à Auschwitz en janvier 1994, visite de ce camp de la mort, je n’en dirais pas plus…

L’histoire se propulse en 2002, avec un épisode souvenir par le biais du livre “ Le temps des prodiges”, passage bouleversant…

Page 46 : “ je n’étudie pas : je lis. je n’étudie pas : je suis traversée par une voix,des images un mystère insondables derrière des phrases pourtant limpides. Cet écrivain m’apparait comme Kafka, Schnitzler et Zweig réunis. Kafka, Schnitzler et Zweig qui auraient vécu la catastrophe, et lui auraient survécu. Je suis sous le choc de la découverte. On appelle ça une rencontre.”

En apparence, elle rencontre Aharon Appelfeld, moment magique : page 53 “ Alors, un à un, des pans entiers de ma vie surgissent presque malgré moi, entre les cyprès, les rosiers et les géraniums de la maison Anna Tikho. Je respire un peu mieux à chaque question, j’ose en poser moi aussi, l’échange devient conversation et, de l’extérieur, nus sommes un vieil homme au regard vif et une jeune femme que l’on pourrait prendre pour un grand-père et sa petite-fille ou pour un écrivain et une journaliste venue l’interviewer, ou même, en tendant l’oreille, pour un écrivain et sa traductrice en langue française. En réalité, il se passe là quelque chose que personne ne peut distinguer à part lui, peut-être, et moi, plus tard, car les mots et la prise de conscience qui les accompagne viennent toujours à contrecoup des émotions et des sensations.”

La deuxième partie : en transparence… histoire de ce petit garçon et de cette petite fille réfugiés dans les bois, traqués par les loups, perdus, seuls avec leur incompréhension et leur peur, la faim et le froid, ils fuient pas seulement les loups de la forêt mais aussi l’horreur humaine. Très beau récit, émouvant et délicieusement écrit avec délicatesse :

page 68 “ faire semblant de goûter au bonheur est plus douloureux que se laisser aller à la peine, alors ils continuent à se bercer l’un l’autre. Le ciel de nouveau noir déverse des flots de neige au-dessus d’eux, ils tanguent ensemble, et chaque oscillation de leur corps abat un mur en eux, il y a tant, des murs et des murailles dressés à l’intérieur pour ne pas dire, ne pas ressentir, les protections érigées patiemment s’effondrent et les laissent démunis, mais être démuni à deux n’est pas comme être démuni tout seul.”

Un petit livre chargé d’émotion, écrit avec brio et douceur malgré le sujet difficile.

On ressent la sève des mots puisée dans les racines profondes d’un peuple qui a souffert, la blessure reste visible encore ici et maintenant.

Ecrire pour dire,

Ecrire pour ne pas oublier l’inoubliable.

La secrète mélancolie des marionnettes
16 mars 2011

La mélancolie des marionnettes, un joli titre qui suscite l'interrogation, la curiosité, des pointes d'appréhension. A chacun de ressentir ce titre, de deviner quelle histoire ce cache sous ce titre, la quatrième n'est pas très bavarde, et je ne le serai pas plus.

L'histoire s'articule comme un marionnettiste pourrait le faire, laissant jouer les personnages au gré du spectacle. Tous les protagonistes ne sont que l'occasion à l'auteur à nous offrir de belles opportunités de réflexion, et autres idées intéressantes. Chaque personne lève le rideau sur un horizon différent, tant pour son originalité, sa particularité qui ont leur importance dans l'architecture et l'ambiance du roman.

Le voyage est au rendez-vous, parcourir les belles villes d'Italie, ressentir cette langueur, admirer les couleurs et cette douceur de vivre, m'ont ravie ! Je suis ressortie de cette lecture détendue comme un retour de vacances. Une belle échappée en toute simplicité, croiser des gens atypiques, écouter leur parcours, passer un petit moment en leur compagnie, un réel moment de plaisir.

Sans révéler chaque personnage, vous pouvez deviner : qui dit marionnette dit marionnettiste. Ce personnage m'a touchée et j'ai totalement succombé aux dialogues des marionnettes, à les deviner, à me fondre dans le décor. Si je suis toujours en admiration devant un spectacle, c'est sans grande surprise quand on habite proche de la capitale mondiale de la marionnette. Vivre un festival mondial ne peut que nous émerveiller et j'ai tout à fait retrouvé dans l'histoire de Roberto toute l'esprit de cet art.

Et le roman dans tout ça !

Et bien, il est question de livre, d'écriture, de marionnette, de destin, d'Italie, de rencontre, de philosophie, de sport, d'échecs, d'amour. Dernier volet de ce livre, la boucle est fermée, une belle manière de nous présenter cet amour, vivre le moment présent et uniquement ce moment, le préserver comme un merveilleux vécu et rien de plus...

Je vous invite à découvrir ce roman original, qui peut déstabiliser car il n'y a pas réellement de cohérence entre les différents personnages ou histoires, tout comme si Roberto nous présentait ses marionnettes une à une parfois plusieurs ensemble mais ce n'est jamais un tout uni et solidaire mais plus des éclats ici et là parsemés sur le parcours de Denis, on les cueille et puis on admire les échanges , les idées développées etc... j'ai aimé cette diversité par toutes ces rencontres si différentes, j'ai aimé découvrir toutes ces découvertes.

Très touchée par ce livre, tant par les réflexions et le monde des marionnettes même si ce n'est pas l'essentiel du livre mais juste quelques fils tirés ici et là. Au final, ne sommes – nous pas tous des marionnettes de notre vie ? C’est la question qui m’est venue en refermant le livre.

le livre regorge d'autant de réflexions à soulever, à méditer, et tout cela dans une atmosphère sereine et estivale, qu'a su si bien nous peindre l'auteur à la plume tant énergique que mélodieuse et douce.

Juste un petit bémol : trop de citation ou de référence d'auteurs, de livres... un peu c'est intéressant mais trop ça devient étouffant.

Mais n'oublions pas que c'est un premier roman, comme je les aime avec tout le lot de défauts, mais aussi de fougue et d'euphorie, pétillant et parfois maladroit, comme la jeunesse en somme. Moi, j'aime donc contente et satisfaite de cette lecture.