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Quelques corps parmi les morts, récit
18 mars 2013

Mon premier mort

On connaissait Michel Richard pour ses éditos dans le Point, dont il est directeur délégué de la rédaction. Nous le découvrons aujourd'hui dans ce récit intimiste, personnel, touchant. Etre confronté à la mort, ou plus précisément au corps d'un mort, voilà quelle était sa hantise depuis toujours. Aussi longtemps qu'il l'a pu, il s'est dérobé. Et puis un jour, alors qu'il ne s'y attendait pas, il fut " piégé " par un ami auquel il rendait visite: lorsqu'il arriva à l'hôpital, celui-ci venait de mourir.  Sa famille était là. Impossible de s'échapper, sous peine de passer pour lâche ou insensible. C'était, comme il le dit lui-même, son premier mort. Il avait près de soixante ans. Confronté à ce qu'il avait toujours redouté, réussissant à surmonter cette frayeur, Michel Richard peut enfin s'interroger sur l'origine de cette peur. Dans ce récit, il ne triche pas, cherche les mots les plus précis pour décrire ce qu'il ressent, pour traquer l'origine de son angoisse. Inévitablement il se tourne vers son enfance marquée par la mort de son père alors qu'il n'a que quinze mois.  Commence alors une digression sur cette absence, sur ce vide de père autour duquel il a grandi, puis s'est construit. Il se rend compte que son sujet lui échappe et c'est justement la force et l'intérêt de ce texte: voir  l'auteur  se faire voler son sujet par sa propre histoire.  Cela aurait pu être narcissique, psychanalytiquement barbant ou larmoyant; c'est au contraire concis, sobre, élégant et subtile.

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Les deux messieurs de Bruxelles
18 mars 2013

Eric Emmanuel Schmitt, le Monsieur de Bruxelles

La philosophie mène à tout, même à une carrière d'écrivain populaire. Théâtre, romans, nouvelles: Eric-Emmanuel Schmitt passe d'un genre à l'autre avec habileté. Ses livres sont presque tous des best-sellers, ses pièces font le plein des salles... Rencontre avec un auteur heureux et joyeux. **Lorsque vous étiez professeur de philosophie, rêviez-vous déjà de devenir écrivain?** Oh oui. Je me souviens d'avoir vu à 10 ans Cyrano de Bergerac avec Jean Marais. Je me suis dit, plus tard, je veux faire pleurer les gens. Je veux devenir Edmond Rostand! Et c'est donc par le théâtre que j'ai commencé. Ma première pièce a remporté un succès d'estime, puis la deuxième, " Le visiteur " a été un triomphe. Elle a gagné 3 Molière, a été jouée 600 fois et est représentée aujourd'hui dans le monde entier. J'ai alors donné ma démission de l'Education nationale! **Le passage du théâtre au roman s'est-il fait naturellement?** Oh non, il fut très douloureux. Contrairement au théâtre, dans le roman, vous n'avez plus aucune contrainte. Et au début, cela m'a totalement inhibé. Pendant sept ans, j'ai écrit, et réécrit un livre. Et j'ai été sauvé par le vol de mon ordinateur. J'ai donc dû recommencer ce récit, en ne gardant que l'essentiel et ce fut " L'Evangile selon Pilate ", un entretien entre Freud et Dieu. Freud ne croyait pas en Dieu et j'imagine que Dieu ne croirait pas en la psychanalyse. Ils avaient donc beaucoup de choses à se dire! **Ce roman a également eu une importante répercussion dans votre vie. **C'est vrai. Je suis d'une famille athée. Et lorsque j'ai lu les quatre évangiles à la suite, cela ma passionné. Et m'a montré peu à peu le chemin vers le christianisme. Je suis devenu croyant et chrétien. D'ailleurs la spiritualité comme la philosophie irriguent toutes mes fictions. **Il ne manquait que le cinéma** La quarantaine passée, le cinéma qui était aussi un rêve d'enfant, a commencé à me faire les yeux doux. J'ai réalisé " Odette Toutlemonde ". C'est formidable, car on profite du talent des autres. C'est un grand plaisir mêlé d'angoisse. **Vous avez écrit un essai, " Ma vie avec Mozart ". Quelle place tient la musique dans votre vie? **Voilà encore une chose que j'aurais rêvé d'être, compositeur. La musique tient une place quotidienne dans ma vie. Je peux passer une journée sans lire ni écrire, mais pas sans écouter de la musique

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Cette nuit-là, roman
18 mars 2013

La nuit de tous les dangers

Cette nuit-là, la dernière de leur oncle bien-aimé, deux sœurs revivent leur passé et affrontent le présent. Cette nuit-là ne tolère plus les faux- semblants, mais sonne plutôt l'heure des règlements de compte. Après cette nuit-là, plus rien ne sera pareil, car aussi loin qu'elles s'en souviennent, depuis le divorce de leurs parents, la dépression de leur mère et la désertion du père, l'oncle Paul leur servait de tuteur, au propre comme au figuré. Unité de temps (cette nuit-là), unité de lieu (la maison familiale), sujet souvent traité (la mort d'un être cher), le pari était difficile. Et pourtant Gila Lustiger le relève haut la main. Parce que rien n'est prévisible dans ce récit, que ses personnages sont infiniment plus complexes qu'il n'y paraît, et que la nuit réservera son lot de surprises et de confidences. L'aînée, Tania, DRH dans une grande banque, qui affiche une réussite aussi bien matérielle que privée, révèle à sa sœur qu'elle a un amant. Explosé le couple modèle. Lisa, révoltée et parfois inconséquente, est perpétuellement en colère. Contre qui, contre quoi ? Pas certain qu'elle le sache elle-même. La mère, ancienne jeune fille gâtée transformée en vieille femme aigrie, n'a pas toujours été aussi pathétique et désemparée. Quant à l'oncle, tyran aimant et tout-puissant, il règnera sur ces pages comme sur sa sœur et ses nièces, jusqu'à son dernier souffle. Gila Lustiger signe un très beau roman dans lequel elle nous raconte l'histoire de la vie et donc de la mort, mais ce n'est jamais dramatique, ni même triste.

Article paru dans ELLE

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C'est une occupation sans fin que d'être vivant, roman
18 mars 2013

Une vie gâchée

On l’apprend dès les premières pages, Anna, 40 ans, va être étranglée. En plein no man’s land, pour rien, simplement parce qu’elle courait ce matin- là, au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais qui était cette Anna ? Une petite fille mal aimée par une mère froide et un père trop faible. Des parents restaurateurs qui trompent leur ennui en travaillant sans cesse. Et puis, un drame va perturber leur existence tranquille : le frère d’Anna, Noé, se noie alors qu’elle est chargée de le surveiller. Cette fois, sa mère ne lui pardonnera pas. Anna devra partir, quitter la maison familiale et sera élevée par sa tante : une femme moderne, affectueuse, merveilleux personnage qui fera de son mieux pour l’aider à grandir. Adulte, Anna se bat pour réussir sa vie, pour être heureuse, enfin. Elle s’occupe de son petit frère Edgar, le dernier né, dont la lourde tâche est de remplacer Noé aux yeux de sa mère. Lui souffre d’être trop aimé et admire cette sœur libre, indépendante, décidée à agir et à ne plus subir. Voici donc l’histoire d’Anna ou plutôt l’histoire d’une vie gâchée. D’une vie qui aurait pu être belle, éclatante, qui était à deux doigts de le devenir et qui s’arrêtera net. " C’est une occupation sans fin que d’être vivant " est un roman cruel, dur, cynique. Mais la talentueuse Sylvie Aymard réussit une prouesse : nous bouleverser avec une prose sans fioriture, brute. Qui nous touche en plein cœur.

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Park Avenue, roman

roman

Albin Michel

18 mars 2013

Que sont devenues les princesses de Manhattan?

Lors de la dernière décennie, nous avions découvert avec délectation la chick lit (en d'autres termes la littérature pour poulettes), des héroïnes glamour essayant de se faire une place dans l’impitoyable New York branché. Puis la crise est arrivée et, dans son sillage, une littérature plus grave, souvent nourrie de relations familiales et amoureuses houleuses. Le premier roman de Christina Alger, " Park Avenue ", aborde ces deux aspects en nous plongeant au cœur de la récente tornade financière et de ses répercussions chez les ultra- riches. Si le récit débute légèrement, il va peu à peu se recentrer sur la menace d’un énorme scandale à la Madoff qui pourrait éclabousser toute la famille Darling. Outre quelques clichés d’usage, l’originalité de ce roman est de montrer, pas à pas, les failles et les vérités intimes des protagonistes. Et là, on s’attache. Certes, ces héros de fiction sont souvent caricaturaux mais aussi au bord d’un précipice qui nous éclaire sur notre époque et l’actualité. L’auteur connaît bien son sujet (elle a été avocate et analyste chez Goldman Sachs) et ajoute ici un peu de densité aux tribulations de ceux qui s’habillaient hier en Prada, mais sans non plus s’attendre au " Bûcher des Vanités " !

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