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Crépuscule
22 mars 2013

Chronique de Manhattan

Peter, un galeriste à la quarantaine bien entamée, représente des artistes débutants, dont on ne sait pas encore s’ils deviendront célèbres ou s’ils tomberont dans l’oubli. Il a une femme, Rebecca, et une fille avec laquelle les relations se sont distendue. Il va se rendre compte de l’équilibre fragile de son existence, lorsque son très jeune beau-frère, Mizzy, vient habiter chez eux pour une durée indéterminée. Mizzy est un peu l’enfant gâté de la famille, il a des problèmes de drogue, et il continue à chercher sa vocation. C’est aussi un individu sans scrupule ni morale, et prêt à tout pour arriver à ses fins, même à séduire le mari de sa sœur. Celui-ci, bien qu’il ait jusqu’à présent vécu une sexualité sans ambiguïté, se voit tenté, tenté seulement, par ce jeune corps musclé qui n’est pas sans rappeler, par sa beauté, une sculpture de Rodin admirée au Metropolitan Museum. Michael Cunningham ne nous livre pas une vision de la famille extrêmement réjouissante, mais il excelle dans sa description d’un certain milieu (les bobos et les artistes), d’une certaine génération (les quadragénaires), d’une certaine époque (aujourd’hui, à New York).

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Rien ne s'oppose à la nuit, roman
7,90
21 mars 2013

Mourir vivante

« Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. » Parce qu’elle n’arrive pas à joindre sa mère, Delphine de Vigan se rend chez elle. Et là, c’est le drame. Lucile s’est suicidée depuis plusieurs jours et elle a préparé des petits cadeaux pour les gens qu’elle aimait. Maniaco-dépressive, elle semblait pourtant aller mieux ces derniers mois, avoir repris goût à la vie. Mais dans la lettre qu’elle adresse à ses « filles chéries, les deux personnes qu’elle a le plus aimées au monde », elle leur explique qu’elle « préfère mourir vivante. » C’est ce parcours fait de quelques hauts mais surtout de nombreux bas que raconte ce si beau livre qui vous prend aux tripes. " Rien ne s'oppose à la nuit " a fait écho chez des dizaines de milliers de personnes, qui éprouvèrent un infini chagrin pour cette femme qu’ils ne connaissaient pas et dont, pourtant, ils se sentaient proches. Il aura fallu ces quatre cents pages à Delphine de Vigan pour qu’elle arrive à pardonner à Lucile son suicide. Et finisse même par admirer son courage.

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OU EST LE LOUP
21 mars 2013

Loup y es-tu ?

Ce livre réunit deux passions enfantines, le jeu du cache-cache et le loup, une combinaison gagnante ! Un petit cochon part se promener. Sa maman le met en garde contre le loup qu’il pourrait rencontrer. Il débute sa ballade par la forêt où il croit apercevoir les oreilles du loup caché derrière un arbre… Ouf ! En soulevant un volet, nous découvrons en fait qu’il s’agit d’un lapin. La méprise va se répéter dans les différends endroits où le petit cochon va se rendre lors de sa promenade : dans la rivière, dans les buissons ou encore dans l’arbre. Votre enfant va prendre un grand plaisir à soulever les volets pour découvrir quel animal se cache derrière.

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Le poète de Gaza / roman

Sarid, Yishai

Actes Sud

21 mars 2013

Poésie ou terrorisme ? Il faut choisir

Parfois, le meilleur moyen pour comprendre une situation politique, aussi compliquée soit-elle, c'est la lecture d'un bon roman. Avec " Le Poète de Gaza ", vous plongez  dans la guerre, vous pénétrez au cœur des attentats. Il n'y a plus ni de bons ni de méchants, juste des gens qui se détestent et croient que leur cause vaut tous les sacrifices. Le héros (c'est écrit à la 1ère personne) est un agent secret israélien chargé de piéger le responsable d’un réseau terroriste palestinien. Mais comment pousser ce dernier à sortir de sa tanière, lui qui ne met jamais un pied dehors sans être protégé ?  La faiblesse de ce dernier, c'est son père, le poète Hani, un vieil homme malade a besoin de soins. Si on parvient à le faire hospitaliser dans un hôpital israélien, peut-être qu'alors son fils prendra le risque de lui rendre visite. Mais l’agent n’avait pas imaginé qu’il s’attacherait au vieil homme, et plus encore à sa compagne, Dafna, une belle romancière. Que choisir ? L'amitié ou la politique, l'amour ou son pays ? Un thriller captivant signé par Ishaï Sarid qui, dans une autre vie, est avocat.

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Chambre avec vue sur la guerre, Témoignage
21 mars 2013

Dix jours d'enfer

Blessée dans un bombardement à Homs, la journaliste française Edith Bouvier raconte ses dix jours d'enfer dans " Chambre avec vue sur la guerre ".

Elle avait fait un premier reportage en Syrie, au Nord, en décembre 2011. Cette fois, en février 2012, elle s'est préparée avec le photographe Daniel Williams à entrer dans Homs, par un tunnel (une ancienne évacuation d'eau) qui relie le Liban à la Syrie. Dans le quartier de Baba Amr, une maison a été transformée en centre de presse où se retrouvent des journalistes du monde entier. Ce mercredi 22 février, les murs tremblent et les roquettes de 122 mm tirées par l'armée syrienne pleuvent sur les occupants. Quelques minutes plus tard, une bombe explose tuant Marie Colvin et Rémi Ochlik. " J'ai senti que j'étais blessée, se souvient Edith Bouvier. Mon premier réflexe a été de vérifier que j'avais toujours mes jambes. William m'a aidé à me relever, et au moment de sortir, nous avons vu Marie et Remi, étendus sur les marches... Elle, je l'avais aperçue pour la première fois la veille au soir, mais pour tous les jeunes reporters, elle était une star. Quant à Rémi, j'avais fait sa connaissance quelques jours plus tôt, au Liban, lorsque nous attendions de pouvoir entrer en Syrie. "

Cette mission, cela faisait des mois que la jeune femme la préparait à Paris, en collaboration avec des Syriens. " On devient leur amie et c'est le seul moyen d'être certain qu'au cœur du danger, ils ne vous lâcheront pas. C'est exactement ce qui s'est passé. Sans eux, je n'aurais jamais survécu à tout ça. " Alors qu'elle a la jambe en charpie (elle souffre d'une double fracture), et qu'elle est incapable de marcher, les membres de l'armée libre la transportent dans le dispensaire le plus proche. Là, impossible de l'opérer, les médecins n'ont pas les installations nécessaires. Il faut la sortir de là, mais les bombardements ne cessent pas. Les membres de l'armée libre se relaient à son chevet pour la distraire, lui donner des nouvelles de l'extérieur, la faire rire. " Ils m'ont traitée comme une sœur, même si je suis chrétienne. Ils ont risqué leur vie pour nous, pour nous remercier de les aider à faire reconnaître leurs souffrances. Mais aussi parce que si j'étais morte dans les mains de l'armée libre, le régime l'aurait utilisé contre eux. " Il faudra dix jours à Edith et William pour fuir Baba Amr. Impossible de repasser par le tunnel qu'ils ont utilisé pour entrer, puisqu'il a été bombardé. Finalement, le 1er mars, Edith et William, " déguisés " en Syrien, montent dans un minibus. Toute une organisation a été mise en place pour les exfiltrer du pays. " La plupart des gens nous reprochent de prendre des risques inconsidérés, mais c'est faux, ce sont des risques mesurés. Je ne retournerai peut-être pas tout de suite en Syrie, mais je veux continuer à raconter, à témoigner, à ne pas oublier ".

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