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Le dernier qui restera se tapera toutes les veuves
EAN13
9782374982250
Éditeur
Wombat
Date de publication
Collection
LES INTEMPESTIFS
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Le dernier qui restera se tapera toutes les veuves

Wombat

Les Intempestifs

Indisponible
« Le dernier qui restera se tapera toutes les veuves » : c’est ainsi que
Cavanna intitula en 1983 sa chronique consacrée à la mort de son ami
dessinateur Reiser. De 1969 à 2013, notamment dans les pages de Charlie hebdo,
Cavanna écrivit plus de soixante textes détonants pour évoquer la disparition
de maintes célébrités (De Gaulle, Mesrine, Mitterrand, Lady Di…), de
personnalités de la culture et des sciences (Brassens, Sartre, Monod, Polac…),
d’artistes et amis (Reiser, Coluche, Doisneau, Choron, Topor…), mais aussi
d’anonymes (le clochard Neuneuil) ou d’animaux qu’il chérissait, comme les
orangs-outans du jardin des Plantes. Toute sa vie animé d’une féroce révolte
contre l’idée même de la mort, Cavanna signe ses nécrologies (dénuées de toute
solennité larmoyante) d’une plume caustique, irrévérencieuse, prétexte à
méditation sur l’illusion de la puissance, l’absurdité de la vie et la
connerie humaine, avec une lucidité radicale, parfois bouleversante.
Traversant près de cinquante ans d’histoire, cette anthologie originale, où
brillent toutes les facettes du style et de la personnalité de l’auteur, forme
l’un de ses livres les plus poignants. EXTRAIT « Vous savez jouer au Trompe-
la-Mort ? C’est un jeu pour les vieux. Ça se joue avec une photo de classe.
Vous savez, ces belles photos avec dessus tous les gosses de quand vous étiez
gosse, les petits devant, les grands derrière, les moyens au milieu et
l’instituteur tout faraud sur le côté. Alors voilà, chaque fois qu’un de vos
vieux copains d’école meurt, vous prenez de l’encre bien noire et un pinceau
et, d’un grand coup de pinceau en plein sur la gueule, vous l’effacez de sur
la photo. Quand tous vos petits copains sont effacés, vous restez seul et vous
avez gagné. Vous êtes le champion du Trompe-la-Mort de votre école. Vous
pouvez vous éteindre en paix. Personne ne vous foutra un coup de pinceau plein
d’encre à travers la gueule, ce qui est une grande satisfaction et même la
seule qui vous reste à cet âge heureux. » Né à Nogent-sur-Marne, d’une mère
française et d’un père maçon italien, François Cavanna (1923-2014), après
avoir survécu à la Seconde Guerre mondiale au STO à Berlin, débute comme
dessinateur humoristique à l’orée des années 1950. En 1960, il crée avec Fred
et le Professeur Choron (bientôt rejoints par Reiser, Cabu, Gébé, Wolinski et
Topor) le fameux mensuel d’humour « bête et méchant » Hara-Kiri, dont la
version hebdomadaire, interdite en 1970, donnera naissance à Charlie hebdo.
Devenu le principal chroniqueur de ces journaux, il se révèle au grand public
comme un écrivain de tout premier plan avec ses récits autobiographiques Les
Ritals (1978) et Les Russkoffs (1979, prix Interallié), cycle conclu de
manière posthume avec Crève, Ducon ! (Gallimard, 2020 ; « Folio », 2021). Il a
signé plus de soixante livres, aussi percutant dans le texte d’humour
(L’Aurore de l’humanité), le roman historique (Les Fosses carolines) ou
l’essai (Lettre ouverte aux culs-bénits). Son humanisme et son rationalisme,
sa verve et son humour, sa lucidité et ses coups de gueule (en faveur du
pacifisme, de la laïcité, de l’écologie, de la défense des animaux, etc.),
enfin sa lutte incessante contre la bêtise humaine auront marqué plusieurs
générations de lecteurs.
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