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Rature
EAN13
9782234096202
Éditeur
Stock
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Rature

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«  Le fils avait changé. Il tournait en rond. À la maison. Sur le bateau. Dans
sa tête. À ne plus guère sourire. À ne plus guère causer non plus. À rêver
d’autre chose sans trop savoir quoi. À faire sa crise entre terre et mer. À
force de vivre dans cette frange incertaine de pays, à se cogner entre deux
infinis, on se chamboule l’esprit. On ne sait plus si on doit se jeter d’un
côté ou de l’autre. On attend des mots mais ils ne viennent pas. Et lui,
maladroit, qui ne savait pas comment parler au fils qui dérivait. Le
questionner. L’aider. Le soutenir. Lui dire qu’il avait cette chance d’être un
jour son propre maître. À jamais et pour toujours. Que le métier était dur
peut-être, que les nuits étaient leurs jours, qu’ils vivaient à l’envers de
tout, mais que chaque jour était nouveau. Que chaque aube n’avait rien de
semblable avec la précédente. Que chaque marée n’était pas la sœur d’une
autre. Que leur vie se composait de chapitres toujours neufs, écrits avec leur
liberté et avec la beauté du monde. Qu’il lui dise bordel où trouver pareil
feu  ?  »

Le  Rature  est toujours le premier bateau à quitter le port et le dernier à y
rentrer et le père sait qu’il est là à l’exacte place de la Terre où il doit
être. Peu de paroles, des gestes surtout, toujours les mêmes, et une manière
d’appréhender le monde, de lire le ciel, les nuages, les étoiles, ce langage
est le sien. Le jour où il a emmené son fils pour une journée de pêche il s’en
souvient comme d’un rêve. Son fils. Qui serait pêcheur comme lui l’était
devenu. Après son père.
Et pourtant, le fils est parti. Faut-il espérer son retour  ?

L’illustratrice Lucille Clerc a retranscrit toutes les nuances déployées par
le texte pour lui faire écho et l’accompagner, jouant du dessin, des matières
et techniques, gravure, encre, photos... Comment traduire, le froid, le
manque, la tristesse mais aussi l’amour, la force des liens, la transmission,
la joie de la complicité. Ses illustrations incarnent magnifiquement toute la
sensibilité du récit.
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