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L'enfer de Church Street

L'enfer de Church Street

Jake Hinkson

Éditions Gallmeister

  • par (Libraire)
    12 août 2015

    Mécanique implacable

    Peuplé de flics véreux, de pasteurs arrivistes et d’une galerie de mesquins en tous genres, ce roman aura du mal à passer pour une romance, et pourtant, c’est bien l’amour, ou un cousin vaguement ressemblant, qui guide les actions, bonnes ou terribles, de ce minable narrateur.

    Noir, effarant, miné par la misère sentimentale et morale, cet Enfer dont parle le titre est d’abord celui dans lequel se débattent les âmes damnées de Little Rock, Arkansas, où il semble que personne ne soit véritablement animé de bonnes intentions, pas même les victimes.

    Le tour de force du livre, sans aucun doute, est de nous faire ressentir une certaine empathie pour ces figures mauvaises, ces petits lâches et ces vrais méchants, et au bout d’un suspens savamment travaillé, de nous faire nous interroger sur notre propre humanité, sur nos objectifs, assumés ou inconscients dans chaque geste que nous accomplissons et chaque décision que nous prenons.

    C’est limpide, implacable, ça se lit d’une traite, avec un mélange de compréhension et de dégoût, comme on écouterait la confession d’une vague connaissance dont on ne saura finalement jamais si elle aurait pu être notre ami, et si ça n’est pas plus mal comme ça.


  • 21 juin 2015

    policier, Etats-Unis

    Voici l’histoire de Geoffrey, emporté malgré lui par les événements : il devient d’abord pasteur dans une paroisse sans que l’on sente vraiment qu’il ait une quelconque vocation.

    Puis il tombe amoureux d’une jeune fille plutôt insipide, qui se trouve être la fille du pasteur en chef.

    Je ne vous en dis pas plus, car les actions s’enchaînent à une cadence presque infernale. Ainsi, Geoffrey va se retrouver dans un sacré pétrin sans l’avoir demandé.

    C’est ce qui m’a gêné dans ce roman : ce personnage posé là et qui se laisse faire.

    Le style est fluide et sans fioritures.

    Un enfer pas si infernal que cela.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Geoffrey à l’hôpital avec une minerve, à peine réveillé de son coma, qui sort escorté par un revolver et deux réclamants.

    https://alexmotamots.wordpress.com/2015/06/08/lenfer-de-church-street-jake-hinkson


  • par (Libraire)
    6 juin 2015

    Belle découverte chez Gallmeister...

    Tel une nuée d'étoiles, les personnages de ce roman se font avaler par un trou noir qui se nomme Geoffrey Webb. Un antihéros parfait, mémorable. Un bijou du roman noir, une belle découverte.


  • 12 mars 2015

    La religion ? Un boulot génial

    Les lecteurs français ont faim de polars. Un appétit auquel les éditeurs répondent en proposant sans cesse des auteurs inédits ou de nouvelles collections. Certains plus inspirés que d'autres. En lançant son label Néonoir, Oliver Gallmeister promet ainsi de continuer à " découvrir toutes les couleurs de l'Amérique ", quitte à " perdre quelques illusions " mais au prix d' " une bonne dose d'émotions fortes ". Une promesse qu'il faudra tenir dans le temps, mais que remplit fidèlement le premier volume.

    Avec " L'enfer de Church Street ", Jake Hinkson, né dans l'Arkansas d'un père diacre dans une communauté évangélique et d'une mère secrétaire dans une église, livre un condensé explosif de ses propres désillusions face à la religion. Adolescent, son héros s'accroche à l'église comme un naufragé à un rocher, pour fuir ses parents divorcés. Adulte, il a une révélation : " La religion est le boulot le plus génial jamais inventé, parce que personne ne perd jamais d'argent en prétendant parler à l'homme invisible installé là-haut ".

    Il s'incruste dans une communauté baptiste de Little Rock dont la bienveillance l'encourage à tous les méfaits. Il se met très vite à dos les fidèles de Church Street, puis enchaîne les crimes sans trop de scrupules ni de remords. Jake Hinkson adopte le point de vue du tueur avec ce qu'il faut d'humour cynique, traitant sa fuite en avant sur le mode de la comédie burlesque, osant parfois des outrances à la Quentin Tarantino. Son ton acide apporte la distance nécessaire à cette fable amorale qui s'avale d'un trait, comme un vin de messe siroté en cachette.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    26 février 2015

    Coup de coeur de Rémi

    Quand une petite frappe braque ce gros pataud de Geoffrey Webb montant dans sa voiture, il ne sait pas encore que cette virée va être l'occasion pour Geoffrey de vider son sac...

    Un roman génial, efficace, qui va à 100 à l'heure. Une fuite en avant irrésistible sur 250 pages.
    Franchement épatant !