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FALAISES, roman

FALAISES, roman

Olivier Adam

Points

  • 28 avril 2011

    Un court roman tout en abysse, destin au bord de la falaise, souvenirs déchirants par les écueils d’une enfance brisée par la perte d’une mère aimante, brutalité d’un père, environnement de la banlieue où la délinquance flotte au quotidien… perdition dans l’alcool, la drogue et le sexe. Une famille qui explose en mille morceaux, projection d’un avenir incertain, une nuit, un homme se souvient de cette nuit-là où sa mère s’est jetée de cette falaise qu’il observe en nous contant la débâcle depuis ce drame.

    Une écriture simple et légère mais une histoire dramatique qui démontre combien un adulte est bien façonné par son enfance et porte les marques de ce passage si important. Un départ raté et comment peut-il un jour ouvrir la voie vers un destin moins chaotique, moins douloureux ? Ce manque d’une mère, cette douleur portée au quotidien, ne peuvent guère dorer une vie si ce n’est l’amour vrai et sincère que lui offre cette femme à cet homme perdu, alcoolique au bord du suicide… Sera-t-il assez puissant pour le sauver ?

    Un livre noir, qui se lit pourtant facilement tant on a envie de comprendre comment cet enfant meurtri a su avancé sur son chemin, malgré tout on ressent cette extrême fragilité à la lisière de son histoire, on le sent lui-même prêt à faire ce pas fatidique…

    L’auteur par cette histoire nous offre certes un parcours malheureux mais nous démontre qu’il ne faut pas toujours porter un jugement sur les choix des êtres qui ne sont que les conséquences d’un passé difficile.

    C’est ainsi qu’on peut imaginer parfois le grand désespoir des adultes qui ont sans doute comme le protagoniste, portés un lourd fardeau toute leur vie, et qui un jour n’en peuvent plus, décidant de tout lâcher, de sombrer dans l’alcool ou autre folie pour oublier ou en finir.

    Combien l’enfance est importante qu’elle doit être douce et aimante, protégée, mais hélas si un drame surgit venant frapper, infligeant une blessure intense, ne peut que fragiliser l’être jusqu’à son dernier souffle.

    On ressent combien le manque d’amour de cette mère fut cruel, et combien ce père indifférent, brutal, autoritaire n’a fait qu’aggraver la condition de ce cauchemar. Seul le soutien mutuel des deux frères a permis d’avancer quelque peu sans trop de dégâts malgré les abus en tout genre ; mais n’étaient-ils pas un moyen de combler ce grand vide, cette absence cruelle ?


  • 30 janvier 2011

    Dans ce roman, le narrateur s'appelle Olivier, comme l'auteur et c'est le deuxième roman d'Olivier Adam que je lis où c'est le cas. Je trouve ça assez déroutant, d'autant que la récurrence de ses thèmes de prédilection fait qu'on se demande ce qui est autobiographique ou pas. L'épisode de la naissance de sa fille, par exemple, est très proche de la réalité décrite dans Etre père, disent-ils. Olivier est à Etretat, faisant une sorte de pélerinage près des falaises où sa mère est morte. Il parle de ses rapports difficiles avec son père, de ce frère qu'il ne voit plus et de ces femmes qui ont été pour lui des bouées de sauvetage. On retrouve des thèmes récurrents chez lui: l'amour qu'il porte à sa femme et surtout à sa fille mais aussi l'alcool trop présent mais nécessaire à ces êtres blessés par la vie dès l'enfance, tous ces jeunes malheureux pour qui le sexe et l'alcool semblent la seule planche de salut. Ce qui est nouveau ici pour la lectrice que je suis puisque j'ai commencé par les romans plus récents, c'est le rapport du narrateur au père, ce lien qu'on souhaite défaire, c'est cette famille qu'on se recrée parce que celle dont on a hérité n'était pas à la hauteur.
    Des passages m'ont marquée, celui de l'ado qui se suicide devant son père et ceux, très beaux, sur l'amour fraternel. Et même si j'ai moins aimé que Des Vents Contraires, je trouve qu'Olivier Adam avait déjà le chic pour trouver des phrases qui me touchent.


  • 6 février 2010

    Parce que la vie n’est pas toujours rose, parce que la mort, les incertitudes et les doutes s’invitent chez certains. Olivier Adam sait décrire tous ces gens, toutes ces vies qui se fracassent, qui s’éparpillent, qui se cherchent et qui se reconstruisent tant bien que mal.

    L’âpreté de l’alcool où l’on se noie, les plans foireux de l’adolescence pour s’échapper quelques instants, l’amour, les remises en question et la peur.
    On est à Etretat dans une chambre d’hôtel. Olivier, la trentaine, regarde les falaises éclairées d'où s'est jetée sa mère, vingt ans plus tôt. Tout au long de cette nuit, il revient sur son passé : un père brutal, un frère qui étouffe et qui se cherche. Mais il y a aussi l’espoir et surtout la renaissance à travers sa fille.

    Une écriture sans fioriture, des phrases courtes où s’expriment la sensibilité, la dureté et les écueils qui façonnent des écorchés à vif. Comme la vie le fait sans qu’on ait rien demandé.

    C’est beau, c’est fort...une lecture dont on ne sort pas indemne.
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