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Crépuscule

Philippe Claudel

Stock

  • Conseillé par
    17 juillet 2023

    Une province perdue aux frontières de l'est où l'hiver semble ne pas vouloir finir.
    Tout est noir, sombre, froid.
    Le curé du village est assassiné.
    C'est le Policier Nourio, obsédé sexuel entre autre, et son adjoint Baraj qui tentent d’élucider ce meurtre ;
    Mais dès lors, tout semble dérailler dans la petite commune où, jusque là, chrétiens et musulmans cohabitaient en harmonie.
    Quelle galerie de personnages !
    On se croirait dans un tableau de Jérôme Bosch.
    Quant aux descriptions des événements et des scènes glauques, je n'ai pu m'empêcher de penser à Jean Teulé.
    Toute la première partie est, avouons le, d'un sombre cynisme.

    Puis vient la scène de chasse au château qui est grandiose.
    Et de là, le roman prend toute sa puissance et tout son sens.
    De cette ambiance suffocante où les individus sont plus noirs les uns que les autres émergent deux personnages qui illuminent l'histoire.
    L'adjoint Baraj, au faciès animal, aux réactions d'arriéré qui est une âme pure et droite, une âme d'enfant qui laisse s'échapper sans pouvoir les retenir des nuages de poésie.
    Et la jeune et pure Lémia qui sort de l'adolescence et de l'innocence.

    Cette histoire est une fable sinistre dans laquelle on peut identifier notre société.
    Empire tout-puissant
    manipulation des faits
    fabrique officielle de mensonges....
    les hommes ne seraient-ils que des marionnettes ?
    L'imagination débordante de Philippe Claudel, son talent et la beauté de son écriture font de ce roman une œuvre puissante et accomplie.


  • Conseillé par
    4 mai 2023

    fin des temps

    J’ai eu un peu de mal avec le Policier, atteint de priapisme, dont la femme subit les assauts nuits et jours.

    J’ai aimé l’Adjoint, qui vit seul avec ses deux chiens, Mes Beaux, qui aime fendre du bois et compose de courts poèmes dont il ne se souvient pas.

    J’ai aimé l’Imam qui tente d’apaiser les tensions et de rassurer sa communauté.

    J’ai eu de la peine pour Lémia, la fille du Sabotier, que le Policier convoite. J’ai eu peur pour elle jusqu’à ce qu’elle rencontre l’Adjoint qu’elle surnomme le Bon Géant.

    J’ai souri jaune à l’apparition dans le récit des jumeaux Kouechi, dont le nom, à une voyelle près, rappelle de mauvais souvenirs.

    Un roman qui parle de notre société sur le déclin sous couvert de fiction.

    Toutefois, j’ai fini le roman en diagonale à partir de la scène de chasse car le récit ne me passionnait plus. Mais j’ai aimé la fin du Policier.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la neige sur laquelle glisse les traineaux et des samovars pas toujours chauds.


  • Conseillé par
    31 janvier 2023

    Nouveau roman de Philippe Claudel annoncé pour cette rentrée, et d’emblée me voici attirée. Seulement, comme son titre l’indique, ce roman est crépusculaire et sa lecture fut moins aisée que prévue.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2023/01/31/philippe-claudel-crepuscule/


  • Conseillé par (Libraire)
    30 janvier 2023

    Dans son dernier roman, Philippe Claudel nous plonge dans un récit âpre et sombre où il décortique une fois de plus la nature humaine et ses plus sombres versants.

    Nourio est policier dans une petite ville dont on ne saura jamais le nom, province perdue au milieu de l'Empire. Petit homme frêle, imbu de lui-même, il gère son poste aidé de son adjoint Baraj, un géant naïf aux élans poétiques. Lorsque le Curé est retrouvé assassiné, la lente et inexorable course de l'Histoire s'enclenche. Qui a bien pu commettre pareil meurtre ? Les deux communautés religieuses de la ville s'accusent, la suspicion est omniprésente et les rumeurs vont bon train. Le Policier s'attache à découvrir la vérité, mais quelle vérité ? Celle que lui fait miroiter sa hiérarchie pour classer l'affaire au plus vite ? Celle qu'il ne veut pas voir trop accaparé par ses démons intérieurs ? Le plus sage et le plus digne de confiance dans cette affaire est peut-être bien Baraj qui sous ses airs de benêt observe attentivement son prochain et en tire beaucoup d'informations.
    Voici un récit aux multiples facettes qui tient à la fois du grand roman historique, de l'intrigue policière mais rappelle aussi les grandes tragédies grecques. Il retranscrit à merveille toute la turpitude de l'âme humaine. L'ambiance est sombre et lumineuse tout à la fois comme un crépuscule où les derniers rayons du soleil tenteraient désespérément d'empêcher l'obscurité de s'installer.