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Phalène fantôme

Phalène fantôme

Michèle Forbes

La Table Ronde

  • 3 avril 2019

    Par une belle journée d’août 1969, Georges fait une belle surprise à sa femme Katherine car il a pris sa journée au travail. Avec leurs quatre enfants, ils laissent derrière eux pour quelque heures Belfast et le quartier protestant dans lequel cette famille catholique réside. Alors que Katherine se baigne, elle voit un phoque. Déstabilisée, paniquée et pourtant bonne nageuse, elle manque de peu de se noyer.

    George et Katherine forment un couple comme un autre pourrait-on dire. Georges, pompier volontaire de surcroît, semble un père et un mari aimant, Katherine est une mère au foyer dévouée avec quatre enfants en bas âge. L’incident clos, la vie aurait pu reprendre son cours comme avant. Mais la peur ressentie par Katherine a déverrouillé la porte de souvenirs enfouis.
    1949, Katherine fait partie d’une troupe de théâtre amateur. Après sa journée de travail, la jeune femme, déjà fiancée à Georges, aime se plonger dans le rôle de Carmen. Et c’est au théâtre ou plutôt dans les coulisses qu’elle rencontre Tom. Entre eux deux, l’étincelle est immédiate. Ce qui aurait pu être une histoire banale d’amour contrariée par le destin ou par les événements prend une autre dimension.

    L'auteur entretient des intrigues sur les deux périodes et les personnages se dévoilent sous un autre jour. Avec les éléments du passé qui apparaissent peu à peu, la vie du couple si soudé en apparence laisse entrevoir bien des failles. Les choix de vie avec les remords ou les regrets engendrés sont mis en avant et Michèle Forbes a su installer un climat où les suspicions sont contrebalancées par des épisodes plus légers et plus gais.
    Mais voilà, au vu de la quatrième de couverture, je m’attendais à ce que le contexte et les conséquences de la division entre catholiques et protestants aient une place plus importante (en lisant Belfast, 1969 et tensions dans les rues, je m’étais déjà plus ou moins imaginé le roman que j'aurais souhaité avoir entre les mains. Eh oui...)
    Malgré des qualités (l’intensité qui monte en crescendo et un vrai sens de l’orchestration des personnages), l'écriture trop lyrique à mon goût, quelques petites longueurs m'ont tenue à distance. Dommage que les personnages se révèlent tardivement.
    Un avis en demi-teinte pour conclure.