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Plage

Plage

Marie Sizun

Arléa

  • 12 octobre 2010

    Belle lecture sous les cieux bretons

    Avec son écriture tout en douceur, Marie Sizun nous peint le portrait d’une femme qui s’est toujours sentie à part, seule, solitaire, pourtant elle croit à cette rencontre heureuse, et cette échappée le temps des retrouvailles; c’est lors de cette attente qu’elle revisite son passé, faisant le parallèle avec les escapades de son père et le chagrin de sa mère. Cette mère dont elle ne parvient pas à comprendre ni à apprécier.

    Au fil des jours qui passent, on ressent les doutes qui alourdissent ses journées, comme une chape de plomb venant terrasser sa douleur. Elle se raccroche à son téléphone espérant un mot, sa voix si peu qui la laisserait espérer la continuité de cette histoire dissimulée avec cet homme marié qui comme son propre père doit se cacher de sa femme pour vivre sa passion du moment. Il faut bien le comprendre, ce genre de types ne sachant lâcher le confort pour ne pas dire une certaine conformité pour vivre à 100 % avec ce nouvel amour sont tous identiques : des égoïstes, des lâches. Elle le comprendra sans doute un peu tard, qu’elle n’était qu’une fleur à butiner pour un oiseau de passage ! C’est bien connu l’oiseau migrateur retourne toujours à son ancien nid !

    Dans cette solitude, Anne, brosse le portrait des gens sur la plage, elle se lie sur le tard avec une femme qui étrangement connait son amant, une drôle de coïncidence certes quasi impensable que sur un bout de plage désert, justement la seule femme divorcée connaisse son amant habitant à Paris… C’est le seul petit point faible que j’ai ressenti dans cette histoire. Par ailleurs, le récit suit admirablement les états d’âme d’Anne, on rage pour elle, on aimerait lui ouvrir les yeux, mais l’amour rend aveugle, sourd et complètement ailleurs. Cette mauvaise histoire aura par contre permis à Anne de cheminer vers des sentiments meilleurs envers sa mère. Comme on peut la comprendre.

    Un roman prenant, avec une écriture légère et fluide, un bon moment de lecture

    J’apprécie avant tout la plume de Marie Sizun :

    Page 35 : “ Moi, je te regardais dans cette lumière étrange de ciel pluvieux, cette lumière changeante, surprenante, je regardais ton visage, tes cheveux gris, et je ne songeais pas à te prendre le livre des mains. Je me souviens de cet instant de silence. Très long. Incroyablement long. Et puis il y a eu ta question sur mon prénom. C’est comme ça que notre histoire a commencé, dans cette lumière de pluie dansant entre clair et obscur, cette lumière qui arrivait comme un sourire et disparaissait comme une caresse. Un petit moment de grâce, je crois. “

    L’histoire se passant en Bretagne je me suis délectée des descriptions, des ambiances surtout si particulières à cette région que j’aime : page 205 “Le soir, à dix heures, en Bretagne, non seulement il fait jour,mais le soleil étend obliquement de longs rayons dorés qui ont l’air éternels : on croirait que la nuit va oublier de tomber.


  • 22 septembre 2010

    Déjà, il ne faut surtout pas se fier à la couverture du livre. Anne est quelqu’un de solitaire. Peu ou pas d’amis, une solitude que sa mère lui reproche. Anne part en vacances dans le Finistère sud dans un coin isolé. L’homme qu’elle aime doit la rejoindre en fin de semaine.

    Pour le moment, il est en vacances avec sa femme et ses enfants. Mais il lui a promis de la rejoindre. Anne passe ses journées à la plage. Seule, elle essaie de tuer le temps de cette longue attente. Six jours remplis de questions, de doutes, de souvenirs …

    Anne raconte ses journées à cet homme et au fil des pages, on va apprendre à la connaitre. Au début de son arrivée, on ressent son enthousiasme. A la plage, elle aime observer les gens, suivre leurs conversations. Elle qui est seule sur sa serviette de plage s’imagine leurs vies. J’ai souri car je fais de même : je regarde, j’attrape au vol des bribes de conversations et je note.
    Autant de personnes qui font remonter en elle des souvenirs. Celui de son père décédé. Un père aimé et idolâtré. Une mère distante, des reproches sur tout ce qu’Anne fait ou plus justement ne fait pas. François l’appellera une seule fois le lundi. Un appel confus. Au fil des jours, l’attente devient angoissante. Sa solitude lui pèse, l’accable. Et s’il ne venait pas ?

    L’atmosphère du début n’est plus la même. On suit Anne, on espère pour elle qu’il viendra même si on pressent l’inverse. Très vite, la mélancolie gagne du terrain, pas une mélancolie âpre, non mais celle qui a le goût de la pudeur et des émotions.
    Sans dévoiler l'histoire, Anne sera différente, "grandie" quand elle repartira.

    Avec une écriture que j’affectionne, Marie Sizun nous dépeint avec beaucoup de sensibilité, la solitude, la plage. Il s'agit encore d'un très beau roman qu'elle nous offre...