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  • 10 juillet 2010

    Le roman sur l'affaire Colonna

    Ghjuvianni Stephagese est un berger qui vit en Saveria. Ancien militant du groupe nationaliste, il s'est assagi depuis la naissance de son fils. Fils d'un ex-membre influent des cabinets ministériels socialistes qui a choisi de quitter son île natale pour le continent, il a fait le voyage inverse et est revenu vivre sur son île, arrêtant ses études pour devenir berger. Mais quand le Gouverneur est assassiné, c'est lui qui va se retrouver au coeur de la tourmente.

    Toute ressemblance avec l'affaire Colonna n'est bien sûr pas fortuite. Roland Laurette, qui connaît la famille Colonna, s'est méticuleusement documenté pour écrire ce roman, courageusement publié par les éditions L'Harmattan. Le roman se divise en deux parties. Nous faisons d'abord la connaissance de ce berger atypique, qui aime le silence et la solitude (un peu comme moi en fait), ce qui n'en fait pas un ours mal léché pour autant et que j'ai, au contraire, trouvé très attachant. La seconde partie du roman nous décrit l'étau qui se resserre et nous livre les détails de l'enquête, pour finir bien sûr par la condamnation de Stephagèse. J'ai ouvert ce roman en me disant que j'avais beau avoir mon point de vue sur cette affaire, je lirai ce livre comme une fiction. Et puis, après tout, pourquoi ne pas entendre une autre version des faits? Je suis vite tombée sous le charme de la plume de Roland Laurette et surtout de ce personnage qu'est Stephagese (car il reste pour moi, un héros littéraire). Le chapitre X, où il part à la recherche de ses chèvres, est mon chapitre préféré. Je l'ai lu avec émotion parce que je l'ai trouvé très beau. Quand je suis arrivée à la deuxième partie, je ne pouvais plus faire semblant d'avoir affaire à une fiction et si je reste très dubitative sur un aspect de la défense (le père se laissant influencer par la police pour qu'il change son témoignage), je n'ai pu qu'être convaincue par le fait que les deux témoins non seulement ne reconnaissent pas l'accusé, mais le disculpent. J'ai bêtement versé une larme à l'énoncé d'un verdict que je connaissais déjà et là, Colonna était redevenu Stephagese pour moi, ce magnifique héros pris au piège qui demande aux siens de ne pas pleurer devant "ces gens-là". J'ai refermé ce livre il y a plus de deux semaines mais il ne m'a pas quittée. Je ne pense pas être très influençable et pourtant... Je ne peux que remercier Roland Laurette pour m'avoir proposé de choisir l'un de ses livres et me l'avoir offert, accompagné d'une gentille dédicace. Il a travaillé avec acharnement et rage sans doute pour donner sa vérité, ce qui ne lui a pas valu que des compliments. J'ai un peu de mal à comprendre que les proches d'Yvan Colonna se soient retournés contre ce chant d'amour à un homme, à son île et à la justice (voir ici). Qu'il ait raison ou tort, on ne peut lui reprocher de se battre pour ce qu'il croit être juste.