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La route, roman

La route, roman

Cormac McCarthy

Points

  • par (Libraire)
    24 mai 2020

    Un père et son fils portent le feu de la civilisation dans un monde dévasté. L'infinie dévastation ne vous laissera rien pour espérer, il n'y a pas d'horizon dans cette œuvre même si vous parvenez au Finistère et que vous portez loin votre regard sur la mer. Le dernier regard.


  • 1 avril 2015

    Un père et son fils essaient de survivre sur une Terre dévastée, enfouie sous les cendres, avec un seul objectif en tête: continuer à avancer vers la mer...
    Un livre magnifique qui ne peut laisser indifférent!


  • par (Libraire)
    17 septembre 2012

    La route

    Après un événement cataclysmique, la terre ne semble plus être qu’un monde de désolation où seuls subsistent les vestiges d’un désastre, dont nous ignorerons toujours la teneur exacte. Au beau milieu de ce décor d’apocalypse un homme et son fils marchent vers la mer en quête d’improbables jours meilleurs. L'amour de ce père pour son fils, l’intensité minimaliste et fusionnelle de leurs sentiments amènent la seule lueur d’espoir sur la route de leur calvaire. Cormac Mccarty approche ici au plus près de l’essence de l’âme humaine : nous sommes à la fois emportés, envoûtés et épouvantés par la narration.


  • 27 septembre 2011

    Dans un monde de cendres froides et de jour indistinct, après une apocalypse dont l’origine reste incertaine, un homme et son fils vont vers le sud, vers la mer, sur la route, « noir ruban du macadam menant de ténèbres en ténèbres. » (p. 230) Poussant un caddie chargé de maigres et éphémères ressources, ils vivent une odyssée noire et désertique. La peur au ventre, ils se cachent des voleurs et des hordes de cannibales qui sillonnent le territoire à la recherche de proies. Il est impossible de rien prévoir et la vie se déroule comme une bobine fatidique. « Aucune liste de choses à faire. Chaque jour en lui-même providentiel. Chaque heure. Il n’y a pas de plus tard. Plus tard, c’est maintenant. » (p. 54)
    Dans ce quotidien d’incertitude, l’homme ne vit que pour son fils, pour qu’il survive. « Mon rôle c’est de prendre soin de toi. J’en ai été chargé par Dieu. Celui qui te touche, je le tue. » (p. 73) Mais la survie de l’enfant permet surtout la survie de l’adulte. « Il ne savait qu’une chose, que l’enfant était son garant. » (p. 10) L’homme se construit une mythologie intérieure pour lutter contre la folie et le désespoir : « Quand tu n’as rien d’autre construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle. » (p. 71) Le garçon est devenu la dernière incarnation possible d’un dieu. Pour l’homme en fuite, le petit porte le feu et tout ce qui reste d’humain dans le monde. Malheureusement, l’idée même de la divinité et d’un pouvoir suprême s’éteint à mesure que l’homme et l’enfant avancent sur une route qui ne mène à rien : « Il n’y a pas de dieu et nous sommes ses prophètes. » (p. 152) La bonté est devenue une option et la méfiance est la seule attitude raisonnable.


    Entre l’adulte et l’enfant existe un pacte qui coûte un peu plus chaque jour à l’homme. Mais l’enfant se fait toujours la voix de la raison, la dernière voix de l’humanité. « Si tu manques aux petites promesses, tu manqueras aux grandes, c’est ce que tu as dit. » (p. 37) Hélas, garder l’envie de vivre demande une énergie qui manque un peu plus chaque jour. Des souvenirs brutaux, parce que trop doux, envahissent les rêves et les réveils sont une nouvelle apocalypse, une révélation triste sans cesse renouvelée. Le décompte des jours s’est perdu au fil de la route. Le temps est de toute façon une denrée aussi rare que la nourriture et il se fige dans l’éphémère : « Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. » (p. 119)
    L’anonymat des personnages répond à l’anonymat d’un monde sans visage, défiguré par un mystérieux mais inéluctable Armageddon. Quand tout a brûlé, il est vain de nommer les êtres et les choses. Être vivant constitue une identité à part entière dans un monde où les hommes se font rares. Les paragraphes sont courts et il y a peu de ponctuation, très peu de virgules notamment. On ne reprend pas son souffle ici : la phrase butte sur un point et repart dans un sursaut. Les pauses sont dangereuses et toujours rares.
    Prix Pulitzer en 2007, ce roman n’usurpe pas son excellente réputation. Il m’a été recommandé par ma cousine qui n’a pas encore su me proposer de livres sans intérêt. J’ai été incapable de lâcher le livre après son ouverture. Happée par cet univers gris et désespéré, j’ai marché aux côtés de l’homme et du petit, terrifiée par cette route qui est à la fois le chemin vers l’ailleurs et la voie ouverte aux dangers. Voilà une lecture pétrifiante et dont la chute, en précipité, marque pour longtemps.
    L’adaptation cinématographique réalisée par John Hillcoat en 2009, avec Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee dans les rôles principaux, rend puissamment l’atmosphère du roman. Les tons gris, brun et la crasse contrastent vivement avec les fleurs du passé, tout comme les souvenirs du livre sont des parenthèses enchantées trop vives à supporter et dont on détourne rapidement les yeux. Même si la fin du film est un brin extrapolée, l’œuvre de John Hillcoat fait honneur au roman de Cormac McCarthy et donne à l’amour paternel un visage bouleversant. Un roman et un film à ne pas manquer !